Crédit Agricole 19,45 € +3,54 % Air Liquide 172,46 € +0,42 % Airbus 207,15 € +1,54 % Alstom 16,35 € +2,12 % Danone 67,66 € -1,00 % BNP Paribas 110,12 € +1,18 % Carrefour 15,95 € -0,56 % Capgemini 101,70 € -0,29 % AXA 45,10 € -0,27 % Vinci 123,30 € -0,44 % Dassault Systèmes 19,84 € -1,83 % Edenred 28,91 € +2,37 % EssilorLuxottica 165,25 € +1,01 % Bouygues 48,54 € -1,84 % Engie 27,17 € +4,22 % Eurofins Scientific 68,52 € -0,12 % Société Générale 82,85 € +2,16 % Thales 248,50 € +2,14 % Kering 290,60 € -0,02 % Legrand 136,05 € +4,09 % LVMH 476,30 € +0,63 % Michelin 34,52 € +0,06 % ArcelorMittal L'Oréal 388,20 € -1,47 % Orange 16,56 € -3,05 % Publicis 93,26 € -0,28 % Pernod Ricard 67,36 € -0,77 % Hermès International 1 546,00 € -0,29 % Renault 27,48 € -1,75 % Safran 344,70 € +1,29 % Sanofi 74,70 € +2,65 % Saint-Gobain 80,88 € +6,37 % Stellantis 5,08 € +0,42 % STMicroelectronics 47,53 € +4,16 % Schneider Electric 291,65 € +2,48 % Teleperformance 64,10 € +5,12 % TotalEnergies 75,64 € +0,09 % Unibail-Rodamco 105,85 € +1,29 % Veolia 35,71 € -0,25 % Worldline 11,96 € +19,94 %
Finance

Voyageurs du Monde prépare un retrait de cote pour financer son accélération internationale et sécuriser ses investissements hors de France

eti_news ·

Une prime de 23,7 % sur le dernier cours et une valorisation d’environ 810 millions d’euros : l’opérateur français du voyage sur mesure et d’aventure prépare un retrait de la cote pour reprendre la main sur son agenda international.

Derrière l’annonce, une logique classique de gouvernance : sortir des contraintes boursières, simplifier l’actionnariat et sécuriser des moyens d’investissement sur plusieurs années, sans la pression du court terme.

Un marché du voyage qui se recompose : la taille critique redevient un avantage

Le voyage haut de gamme et le sur-mesure évoluent dans un environnement plus volatil qu’avant : tensions géopolitiques, fluctuations de change, coûts aériens et arbitrages des ménages aisés. Dans ce contexte, la résilience ne vient pas seulement des volumes, mais de la capacité à piloter finement l’offre, la distribution et les partenariats.

Pour les ETI françaises du tourisme, l’enjeu est clair : gagner en taille critique et en empreinte internationale pour lisser les cycles, diversifier les zones de départ et amortir les investissements marketing, technologiques et RH. Les plateformes et les grands groupes mondiaux imposent aussi des standards élevés, notamment sur la donnée client, la personnalisation et la réactivité commerciale.

Enfin, la concurrence se joue de plus en plus sur la marque et la capacité à acquérir des actifs à l’étranger. Les opérations de croissance externe, en particulier, demandent de la confidentialité, de la vitesse d’exécution et parfois des structures de financement moins compatibles avec une société cotée.

Les faits : Avantage prépare une OPA à 180 euros par action, avec objectif de retrait

L’actionnaire majoritaire, Avantage, structure réunissant les fondateurs et certains investisseurs institutionnels, a annoncé vouloir acquérir le solde du capital afin de retirer la société de la Bourse. Avantage contrôle actuellement 62,24 % du capital et 75,80 % des droits de vote.

Dans une première étape, Avantage doit monter à 86,44 % du capital et 90,52 % des droits de vote, grâce à une réorganisation actionnariale et à une acquisition de bloc. L’opération s’accompagne d’une offre publique d’achat simplifiée projetée, à 180 euros par action, soit une prime de 23,7 % sur le cours de clôture de 145,5 euros. À ce prix, la société est valorisée autour de 810 millions d’euros.

Le projet d’offre doit être déposé « dès que possible » auprès de l’Autorité des marchés financiers. Il est annoncé qu’il pourrait être suivi, le cas échéant, d’un retrait obligatoire si les conditions sont réunies. Le dispositif prévoit aussi une expertise indépendante sur les conditions financières de l’offre, ainsi qu’une décision de conformité de l’AMF avant mise en œuvre.

Le dirigeant opérationnel Alain Capestan met en avant un objectif principal : faciliter le développement à l’international et gagner en liberté d’investissement hors de France.

Une ETI rentable, mais un international encore sous-dimensionné

Sur l’exercice 2025, le groupe a réalisé 785,0 millions d’euros de chiffre d’affaires, en progression de 6,8 % par rapport à 2024. Le bénéfice net part du groupe atteint 48,4 millions d’euros. L’EBITDA ressort à 72,7 millions d’euros, en hausse de 6,3 %.

Le portefeuille de marques couvre le voyage sur-mesure (Voyageurs du Monde, Comptoir des Voyages, bynativ, Original Travel au Royaume-Uni), l’aventure (Terres d’Aventure, Allibert Trekking, Nomade Aventure, KE Adventure Travel au Royaume-Uni) et le voyage à vélo (dont EuroFun Touristik en Autriche, ainsi que des marques en Allemagne).

La trajectoire internationale est affichée depuis plusieurs années, mais les acquisitions réalisées et l’accélération commerciale restent, à ce stade, en deçà du potentiel d’un acteur déjà sorti du « pur » marché de niche. En mai 2026, Jean-François Rial indiquait viser, à moyen terme, un international proche de 50 % des revenus, tout en décrivant une phase d’intensification des efforts de marque à l’étranger.

Analyse ETI : pourquoi le retrait de cote peut devenir un accélérateur stratégique

Pour une ETI, la cotation apporte de la visibilité et une monnaie d’échange, mais elle impose aussi des coûts, des règles de communication et un rythme de publication qui peut rigidifier la prise de décision. Dans le tourisme, où les cycles sont rapides et les chocs exogènes fréquents, la capacité à pivoter vite compte autant que la discipline financière.

Le retrait de cote peut donc servir trois objectifs. D’abord, aligner l’actionnariat sur un projet long : intégrer des cibles, financer l’implantation locale, accepter des phases de ramp-up où la rentabilité baisse temporairement. Ensuite, permettre des discussions d’acquisition plus confidentielles, ce qui est souvent décisif sur des dossiers de taille intermédiaire. Enfin, simplifier la gouvernance et réduire l’exposition aux mouvements de marché, au moment où l’entreprise veut investir hors de son cœur historique.

Pour les ETI françaises, le message dépasse ce seul cas : l’internationalisation exige une exécution régulière. Or, l’écart entre ambition et concrétisation provient souvent d’un manque de « bande passante » managériale et de véhicules d’investissement adaptés. Une structure actionnariale resserrée peut faciliter des décisions de build-up, en particulier en Europe et dans le monde anglophone, là où les actifs de niche sont nombreux mais chers.

Le prix proposé, avec une prime significative, cherche aussi à sécuriser l’adhésion du flottant. C’est un point clé : une sortie de Bourse réussie réduit le risque de contentieux et accélère l’agenda post-offre, notamment si le retrait obligatoire devient possible.

Perspectives : calendrier AMF et priorités post-opération

Les prochaines étapes se situent sur le terrain réglementaire et procédural : dépôt du projet d’offre, avis de l’expert indépendant, puis décision de conformité de l’AMF. Ensuite, le niveau d’apport à l’offre déterminera la possibilité d’un retrait obligatoire et la vitesse de simplification capitalistique.

Sur le plan industriel, l’enjeu sera de convertir l’assouplissement actionnarial en résultats concrets : acquisitions ciblées, renforcement de la distribution, montée en puissance des marques hors de France et amélioration de l’efficacité commerciale. Le groupe dispose d’un socle de rentabilité et d’un portefeuille multi-enseignes, ce qui constitue un avantage pour mener plusieurs chantiers en parallèle, à condition de garder une discipline stricte sur l’intégration et la génération de cash.

Pour l’écosystème des ETI, cette opération illustre un arbitrage redevenu fréquent : privilégier une gouvernance privée pour financer une internationalisation ambitieuse, plutôt que subir la temporalité des marchés cotés.

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