Crédit Agricole 15,02 € +0,54 % Air Liquide 182,56 € +0,29 % Airbus 193,32 € -1,41 % Alstom 11,13 € -4,79 % Danone 66,02 € -0,06 % BNP Paribas 87,61 € +0,65 % Carrefour 13,08 € +0,23 % Capgemini 125,20 € -1,34 % AXA 43,05 € +0,19 % Vinci 108,80 € -1,36 % Dassault Systèmes 24,98 € -2,50 % Edenred 23,95 € +0,13 % EssilorLuxottica 184,25 € -1,42 % Bouygues 41,03 € -0,27 % Engie 23,32 € -0,60 % Eurofins Scientific 87,24 € -0,89 % Société Générale 61,55 € +0,08 % Thales 233,00 € +0,43 % Kering 180,24 € +0,32 % Legrand 133,80 € +0,72 % LVMH 401,50 € +1,99 % Michelin 32,43 € -0,61 % ArcelorMittal — L'Oréal 432,70 € -0,87 % Orange 14,70 € +1,48 % Publicis 101,15 € +0,15 % Pernod Ricard 68,26 € -0,96 % Hermès International 1 312,50 € -0,61 % Renault 27,24 € -2,01 % Safran 285,00 € -1,11 % Sanofi 80,98 € +0,43 % Saint-Gobain 70,32 € -0,11 % Stellantis 4,08 € -3,68 % STMicroelectronics 43,10 € -0,27 % Schneider Electric 239,75 € -0,29 % Teleperformance 80,98 € -1,34 % TotalEnergies 82,71 € -1,08 % Unibail-Rodamco 92,20 € -0,73 % Veolia 32,95 € -0,18 % Worldline 10,73 € +7,22 %
Industrie

Schaeffler ajuste son empreinte industrielle : un avertissement stratégique pour les ETI de la filière automobile

eti_news ·

Schaeffler prévoit 3 460 suppressions nettes de postes en Europe et cinq fermetures de sites. Annoncé le 3 novembre 2026, ce nouveau programme concerne aussi Haguenau et Toulouse, sans fermeture annoncée de ces deux implantations françaises.

Pour les ETI de la sous-traitance automobile, l’enjeu dépasse les effectifs du groupe allemand. Ce dossier illustre une difficulté stratégique : financer la transition électrique tout en adaptant les capacités consacrées au thermique, sans sacrifier les compétences nécessaires aux futurs marchés.

Une rentabilité positive qui masque des déséquilibres

Les résultats financiers de Schaeffler sur neuf mois éclairent cette décision. Le groupe réalise 17,481 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 794 millions d’euros de résultat opérationnel avant éléments exceptionnels. Sa marge correspondante atteint 4,5 %, contre 4,2 % un an auparavant.

Cependant, cette performance consolidée recouvre des situations très différentes. La division E-Mobility affiche encore une perte opérationnelle de 571 millions d’euros avant éléments exceptionnels. Sa marge reste négative, à -14,8 %, malgré une amélioration annuelle. À l’inverse, Powertrain & Chassis dégage une marge de 10,8 %, mais son chiffre d’affaires recule de 4,6 % à changes constants.

La trésorerie apporte une autre nuance. Sur neuf mois, le flux de trésorerie disponible hors acquisitions et cessions reste négatif de 40 millions d’euros. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires atteint seulement 11 millions d’euros. Ainsi, parler de résultats positifs ne signifie ni équilibre entre les métiers, ni génération de trésorerie suffisante dans toutes les activités.

Haguenau et Toulouse concernés, sans bilan social français détaillé

Le programme européen touche seize implantations. L’Allemagne concentre environ 2 660 suppressions nettes de postes, contre 800 dans les autres pays européens. La production représente la moitié des réductions prévues, la recherche et développement 30 %, les autres fonctions 20 %.

Schaeffler prévoit de fermer Dortmund, Morbach, Berlin et Schwalbach en Allemagne, ainsi que Herstal en Belgique. En France, le communiqué annonce des ajustements des capacités de production et de développement à Haguenau et Toulouse. Il ne chiffre pas les suppressions de postes françaises : aucun total national ne peut donc être confirmé sur cette seule base.

Cette distinction importe dans un pays où le groupe possède une implantation industrielle significative. En février 2026, Schaeffler déclarait 3 500 collaborateurs en France, répartis sur dix sites, dont six usines. Ce périmètre intègre Vitesco Technologies et Ewellix depuis le 1er janvier 2026. Il réunit production, ingénierie et fonctions supports.

Pour les ETI, un enjeu de capacités autant que de diversification

La direction invoque le recul de la demande liée aux motorisations thermiques, une montée en puissance électrique retardée et une concurrence accrue. Elle souhaite aussi réduire la complexité organisationnelle. L’essentiel des mesures structurelles doit intervenir en 2027 et 2028.

Pour une ETI industrielle, ces facteurs invitent à distinguer trois dimensions : les volumes réellement commandés, les moyens de production disponibles et les dépenses de développement engagées. La lecture des résultats de Schaeffler montre pourquoi une rentabilité globale peut coexister avec des capacités devenues excédentaires sur certains programmes. Il s’agit d’une grille d’analyse, pas d’un constat chiffré sur ses fournisseurs français.

La diversification constitue une deuxième piste, à condition de mesurer son calendrier. Schaeffler France présente déjà un portefeuille couvrant notamment l’automobile, l’aéronautique, le ferroviaire et la robotique. Pour les ETI, l’intérêt stratégique réside dans le transfert de compétences existantes vers plusieurs débouchés. Cette approche ne permet toutefois pas de présumer un remplacement immédiat des commandes automobiles.

Des garanties industrielles au centre des prochaines discussions

Le débat social porte précisément sur ce passage entre réduction des capacités et nouvelles activités. Dans sa réaction au plan de restructuration, IG Metall réclame des engagements industriels concrets. Le syndicat et le comité d’entreprise du groupe demandent quels produits, technologies et investissements assureront l’avenir des sites allemands. Ils contestent la succession des programmes de réduction d’effectifs.

Leurs demandes soulignent le principal point de vigilance pour l’écosystème industriel : une stratégie mondiale de croissance ne précise pas automatiquement l’avenir de chaque implantation. Pour Haguenau et Toulouse, les prochaines annonces locales devront éclairer les activités conservées, les compétences concernées et les modalités sociales. Le communiqué européen ne permet pas encore d’évaluer les conséquences sur les commandes des sous-traitants français.

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