Crédit Agricole 15,25 € +0,23 % Air Liquide 174,24 € -0,11 % Airbus 191,92 € -0,43 % Alstom 15,97 € -1,33 % Danone 63,24 € +2,63 % BNP Paribas 87,20 € +0,28 % Carrefour 13,17 € -1,02 % Capgemini 122,45 € -0,29 % AXA 42,59 € +0,31 % Vinci 108,30 € -0,32 % Dassault Systèmes 23,58 € -4,50 % Edenred 24,46 € +0,66 % EssilorLuxottica 177,70 € -2,26 % Bouygues 41,09 € +0,46 % Engie 23,46 € +0,39 % Eurofins Scientific 86,24 € +0,89 % Société Générale 61,95 € +0,55 % Thales 233,90 € -0,13 % Kering 176,60 € -1,62 % Legrand 132,50 € +2,67 % LVMH 385,00 € -0,84 % Michelin 31,80 € +0,03 % ArcelorMittal — L'Oréal 423,65 € -1,50 % Orange 14,23 € -0,25 % Publicis 98,40 € -1,26 % Pernod Ricard 66,28 € -0,21 % Hermès International 1 259,50 € -0,71 % Renault 26,35 € +1,58 % Safran 271,90 € -0,98 % Sanofi 75,51 € +0,48 % Saint-Gobain 66,64 € -1,77 % Stellantis 4,28 € +15,39 % STMicroelectronics 43,37 € +0,02 % Schneider Electric 246,20 € +1,44 % Teleperformance 79,10 € -1,32 % TotalEnergies 83,60 € +0,72 % Unibail-Rodamco 91,62 € -0,26 % Veolia 32,74 € +0,37 % Worldline 10,70 € +4,17 %
Industrie

Quatre candidats se positionnent pour les Forges de Tarbes : la reprise devra préserver la production et financer la fiabilisation du site

eti_news ·

Quatre candidats industriels discutent avec les pouvoirs publics pour reprendre les Forges de Tarbes. Derrière cette perspective, un enjeu dépasse le sauvetage du site : préserver une capacité française stratégique pour les munitions de 155 millimètres.

Le tribunal de commerce de Tarbes a ouvert le redressement judiciaire de l’entreprise le 26 octobre 2026. Cette procédure intervient malgré une forte progression commerciale : le site a réalisé 19,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, contre 14,4 millions en 2024, selon les résultats annuels publiés par Europlasma.

Une capacité critique pour la chaîne française des munitions

Les Forges de Tarbes fabriquent des corps creux d’obus, et non des munitions complètes. Le site fournit notamment la chaîne industrielle de KNDS pour les obus des canons Caesar. Cette spécialisation explique l’attention portée par les pouvoirs publics à sa continuité industrielle, comme le confirme une dépêche sur les discussions avec les repreneurs.

Le 27 octobre, devant la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, Catherine Vautrin a confirmé les échanges. La ministre des Armées a réaffirmé l’objectif de pérenniser l’outil industriel. Aucun nom de candidat n’a été communiqué publiquement.

L’établissement emploie 63 salariés, selon les informations publiées lors de l’audience. Sa taille reste donc inférieure au seuil des ETI. Toutefois, son avenir concerne directement leur écosystème : métallurgie spécialisée, sous-traitance et approvisionnement des industriels de défense. La position des représentants des salariés sur la reprise privilégie d’ailleurs un industriel, idéalement issu de la défense.

La croissance des ventes n’a pas suffi à stabiliser l’usine

Le dossier illustre une distinction essentielle pour les dirigeants industriels : augmenter les ventes ne garantit pas l’équilibre économique. Europlasma, propriétaire depuis 2021, fait état d’une croissance de 37,5 % du chiffre d’affaires des Forges en 2025. Pourtant, l’entreprise a sollicité la protection du tribunal le 22 octobre 2026.

Les données financières apportent un éclairage concret sur les difficultés opérationnelles. Pour 2025, Europlasma signale une augmentation de cinq points des rebuts aux Forges de Tarbes. Le groupe mentionne également une hausse de 27 % du recours à l’intérim pour respecter les cadences. Ces éléments figurent dans sa communication annuelle et ne constituent pas un résultat financier propre au site.

Pour un repreneur, l’analyse devra donc dépasser les perspectives de commandes. Le rendement des équipements, la consommation de matières et l’organisation du travail représentent autant de paramètres décisifs. L’enjeu consiste à transformer la demande en production livrable, avec des coûts maîtrisés.

Dans son communiqué confirmant le redressement judiciaire, Europlasma présente la procédure comme un moyen de préserver l’activité. Elle doit aussi créer les conditions nécessaires au redressement. Elle ne vaut cependant ni sélection d’un acquéreur ni garantie de reprise.

Conformité et financement au cœur du projet industriel

La conformité des installations constitue un autre dossier immédiat. Le 16 octobre, Europlasma a confirmé une mise en demeure concernant la requalification d’équipements sous pression alimentant la presse de forgeage. Le groupe affirme vouloir régulariser la situation selon un calendrier convenu avec la DREAL, sans perturber l’activité.

Dans cette même communication sur la situation des Forges de Tarbes, Europlasma reconnaît avoir appris la saisine de la procureure par la Direction générale de l’armement. Le groupe indique alors ne disposer d’aucune information complémentaire. Ce signalement ne permet pas de conclure à une responsabilité pénale.

Les discussions avec quatre candidats ouvrent ainsi une perspective, mais la qualité du projet primera sur leur nombre. Pour les ETI de la filière, ce dossier rappelle l’importance d’évaluer leurs fournisseurs au-delà du carnet de commandes. Capacité de financement, maintenance et maîtrise des procédés conditionnent aussi la sécurité des approvisionnements.

La prochaine étape sera de convertir les marques d’intérêt en propositions industrielles concrètes. Préserver les compétences, financer l’exploitation et fiabiliser les installations forment les trois dimensions du redressement. Le caractère stratégique du site justifie l’attention publique ; il ne remplace pas un modèle économique soutenable.

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