Pourquoi la performance durable devient un levier de compétitivité pour les ETI françaises face aux nouvelles exigences sociales et environnementales
La responsabilité d’entreprise change d’échelle. Le palmarès « 40 leaders qui s’engagent » met en lumière des dirigeants pour lesquels l’impact social et environnemental devient un sujet de gouvernance, d’offre et de compétitivité.
La promotion 2026 réunit 21 femmes, soit 52 % des personnalités distinguées, et couvre 16 secteurs. Immobilier, industrie, santé, alimentation, logistique, numérique, économie circulaire et économie sociale y figurent. Cette diversité traduit une évolution nette : l’engagement ne se limite plus à une direction RSE.
Un indicateur de la transformation des modèles économiques
Le palmarès est porté par l’Institut Choiseul et la Communauté Les entreprises s’engagent. Cette dernière fédère plus de 110 000 entreprises, de la TPE au grand groupe, au sein de 101 clubs départementaux.
Le signal est important pour les ETI. Elles disposent souvent d’un ancrage territorial, de chaînes d’approvisionnement plus courtes et d’une gouvernance resserrée. Elles peuvent donc transformer plus vite leurs pratiques de recrutement, leurs achats ou leur outil industriel. En revanche, elles doivent démontrer que leurs engagements produisent des résultats mesurables.
La sélection ne constitue pas un classement financier. Les quarante dirigeants sont présentés par ordre alphabétique. Les critères portent sur leur fonction, la mission de leur organisation, l’existence d’une feuille de route, les progrès objectivables et la cohérence entre modèle économique, inclusion et transition écologique.
Cette méthode privilégie les démarches opérationnelles. Elle distingue aussi bien l’accès au logement, le maintien à domicile, la santé, l’insertion, la décarbonation, la transmission des savoir-faire que l’alimentation durable. Pour les dirigeants d’ETI, l’enjeu est clair : passer d’une déclaration d’intention à des indicateurs pilotés au même niveau que la marge, les délais ou la qualité.
Des dirigeants issus de l’industrie, des services et de l’économie à impact
Parmi les lauréats, Marie Alméras développe des habitats partagés à loyers modérés. Eve Alvarenga agit pour l’accessibilité des soins aux personnes sourdes et malentendantes. Fouad Ben Ahmed mise sur la mobilité verticale et le maintien à domicile. Simon Bernard déploie des solutions de recyclage du plastique adaptées aux filières locales.
Le palmarès distingue aussi Coline Bertrand, Benoît Dadolle, Arthur Deballon, Maxime Durand, Alexandre Fayeulle, Aude Guo, Cyrille Guyard, Lucas Lefebvre, Frédéric Mugnier, Antoine Nayet, Jérôme Permingeat, Laure Pierrisnard, Maud Sarda, Mathilde Thomas, Arnaud Vanpoperinghe et Shenaz Zadvat. Leurs démarches couvrent notamment la cosmétique, l’alimentation, la cybersécurité, les protéines d’insectes, le textile, l’hôtellerie-restauration, l’industrie bretonne, la seconde main, le mobilier durable et l’emploi à La Réunion.
Plusieurs grands groupes sont également représentés : Véronique Bédague, Estelle Brachlianoff, Olivier Camino, Karima Cherifi, Laëtitia de Montgolfier, Arthur Dénouveaux, Ophélia Duval, Delphine Pouponneau et Isabelle Verrecchia. Leur présence souligne que les donneurs d’ordre ont un rôle direct dans la diffusion de standards sociaux et environnementaux auprès de leurs fournisseurs, dont de nombreuses ETI.
Enfin, le palmarès compte Amadou Dabitao, Anne Sophie Gervais, Florian Grill, Farrah Hafidou, Emery Jacquillat, Frédéric Mazzella, Élisabeth Moreno, Bettina Reveyron, Arthur Toscan du Plantier, Catherine Touvrey et Julie Walbaum. Ces profils reflètent l’élargissement du sujet : médias, sport, finance à impact, immobilier, mutuelle, philanthropie et technologies éducatives participent désormais au débat sur la performance durable.
Pour les ETI, l’impact doit devenir un levier de pilotage
Les entreprises de taille intermédiaire n’ont pas vocation à copier les dispositifs des grands groupes. Leur avantage repose plutôt sur des choix ciblés. Une politique d’achats responsables peut sécuriser des filières locales. Un programme d’alternance peut répondre à une pénurie de compétences. Une démarche d’écoconception peut réduire à la fois les matières consommées et l’exposition aux contraintes réglementaires.
La Communauté Les entreprises s’engagent indique que 81 % de ses membres ont défini des objectifs sociaux et environnementaux assortis d’un suivi, contre 66 % hors de son réseau. Elle relève également une motivation accrue des salariés pour 60 % de ses entreprises membres. Ces données ne dispensent pas de mesurer ses propres résultats. Elles confirment toutefois que l’engagement peut soutenir l’attractivité employeur et la fidélisation des équipes.
Le principal enseignement du palmarès tient donc moins à la notoriété de ses lauréats qu’à la diversité des leviers mobilisés. Pour une ETI, une stratégie crédible combine une priorité métier, des objectifs suivis, une responsabilité portée par la direction et des preuves accessibles aux clients, aux salariés et aux partenaires financiers.
Dans un contexte de tension sur les compétences, les ressources et les chaînes de valeur, l’engagement devient un facteur de résilience. Il ne remplace pas la performance économique. Il contribue à la rendre plus robuste, à condition de rester relié aux décisions concrètes de l’entreprise.

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