Porsche veut relever sa rentabilité en misant sur la personnalisation et des modèles à plus forte valeur
Michael Leiters, président du directoire de Porsche AG depuis le 1er janvier 2026, engage le constructeur dans une stratégie de montée en gamme. Il succède à Oliver Blume, qui conserve la direction du groupe Volkswagen. Le conseil de surveillance avait annoncé cette nomination le 17 octobre 2025.
Un dirigeant passé par Ferrari et McLaren
Michael Leiters retrouve une entreprise où il a travaillé pendant plus de treize ans. Avant son départ pour Ferrari, il avait notamment exercé des responsabilités sur les gammes Macan et Cayenne. Son parcours associe ainsi le développement de véhicules et la direction de constructeurs de voitures sportives.
Il a ensuite occupé le poste de directeur technique de Ferrari pendant plus de huit ans. Puis il a dirigé McLaren Automotive, de juillet 2022 à avril 2025. Ces expériences précèdent son retour chez Porsche, cette fois à la tête du directoire.
Une rentabilité fortement dégradée en 2025
Installé à Zuffenhausen, le constructeur de voitures sportives traverse une phase de réorganisation. En 2025, Porsche a livré 279 449 véhicules. Son chiffre d’affaires atteint 36,27 milliards d’euros, contre 40,08 milliards en 2024. Le résultat opérationnel tombe à 413 millions d’euros, après 5,64 milliards un an auparavant.
La marge opérationnelle recule ainsi de 14,1 % à 1,1 %. Porsche comptabilise environ 3,9 milliards d’euros de charges exceptionnelles. Ce montant comprend 2,4 milliards liés à la réorientation des produits et au redimensionnement de l’entreprise. Les activités batteries et les droits de douane américains représentent chacun environ 700 millions supplémentaires.
Par ailleurs, Porsche souligne la pression concurrentielle en Chine, notamment sur les véhicules électriques. Le groupe conserve plusieurs motorisations : le Cayenne électrique complète ainsi les versions thermiques et hybrides rechargeables, sans les remplacer.
La personnalisation comme levier de marge
Présentée le 7 octobre 2026, la stratégie à l’horizon 2035 privilégie la valeur plutôt que les volumes. Porsche vise une marge opérationnelle de 10 à 15 % à moyen terme. Le constructeur veut également abaisser son seuil de rentabilité sous 200 000 véhicules.
Pour soutenir cette trajectoire, Michael Leiters mise sur des modèles plus rémunérateurs et sur la personnalisation. Porsche ambitionne d’augmenter d’environ 20 % le prix moyen de ses modèles haut de gamme à moyen terme. Le groupe prévoit aussi de multiplier par six les ventes de son activité de personnalisation Sonderwunsch.
Enfin, la réduction des coûts accompagne cette montée en gamme. Un accord avec les représentants du personnel prévoit environ 9 000 suppressions de postes. Il comprend également une garantie concernant les sites pour les salariés permanents jusqu’en 2035. Ces mesures s’inscrivent dans le recentrage annoncé sur l’activité automobile.

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