Melvan mobilise 900 000 euros pour transformer une ancienne carrière en actif solaire et préparer son chantier à Courthézon
Près de 4,92 millions d’euros d’investissement pour reconvertir une ancienne carrière en centrale solaire : à Courthézon, dans le Vaucluse, Melvan prépare un parc de 3,47 MWc. Au-delà des panneaux, le dossier illustre l’enchaînement des étapes foncières, administratives et financières nécessaires à un projet énergétique territorial.
Une reconversion foncière dans un marché solaire en croissance
Le contexte national reste dynamique. Au 30 juin 2026, la France comptait 34 GW de capacités photovoltaïques. Les raccordements ont atteint 3 GW au premier semestre, contre 2,9 GW un an auparavant, selon les statistiques publiques. Cette progression donne une perspective industrielle au développement de centrales de quelques mégawatts.
À Courthézon, le projet concerne l’ancienne carrière de Bellevue. Le registre de l’enquête publique décrit plus précisément une carrière reconvertie en zone de stockage de déchets inertes. L’enjeu consiste donc à donner un nouvel usage énergétique à un terrain déjà transformé par une activité économique.
Pour les ETI propriétaires de foncier industriel, ce dossier offre un point de comparaison, plutôt qu’un modèle automatiquement reproductible. L’historique d’un terrain ne suffit pas à établir la faisabilité d’une centrale. La procédure menée à Courthézon distingue bien l’autorisation d’urbanisme, l’évaluation environnementale et les caractéristiques techniques du projet.
Un projet instruit depuis 2024
La société Parc Solaire du Petit Galet a déposé sa demande de permis le 11 juillet 2024. L’enquête publique s’est déroulée du 25 août au 26 septembre 2025, au lieu-dit « Les garrigues Nord ». La préfecture a ensuite publié le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur en octobre 2025.
Le dossier soumis à consultation prévoyait 5 152 modules fixes, couvrant 1,72 hectare, ainsi qu’un poste de transformation et de livraison. Il affichait une puissance de 3,426 MWc, légèrement différente des 3,47 MWc présentés dans la documentation de financement. Ces données correspondent donc à deux présentations successives du projet.
Le raccordement envisagé par Enedis privilégiait une liaison en antenne à environ 500 mètres du site, au bord de la D907. L’électricité devait rejoindre le marché par la revente. Le dossier ne décrit donc pas une installation destinée à l’autoconsommation d’une entreprise voisine. Cette distinction compte pour les industriels qui comparent production sur site et investissement énergétique.
Le financement participatif comme relais des capitaux engagés
Selon la présentation publiée sur la plateforme de financement du projet solaire de Courthézon, Melvan a obtenu le permis en décembre 2025. La production prévisionnelle atteint 5 077 MWh par an. Ce volume reste une estimation, et non une production acquise.
L’opération obligataire visait 900 000 euros pour refinancer les fonds propres mobilisés lors de l’acquisition du projet. La page affiche 450 000 euros collectés. Elle prévoit ensuite un financement bancaire pour la construction. L’objectif annoncé et le montant effectivement affiché ne doivent donc pas se confondre.
La logique économique consiste ici à dégager des ressources pour poursuivre d’autres développements. Pour un décideur d’ETI, le point d’attention porte sur la succession des financements : acquérir les droits d’un projet, obtenir ses autorisations et financer ses équipements constituent des étapes différentes. Le dossier de Courthézon illustre cette séparation entre développement et construction.
Un calendrier encore lié à la sécurisation des revenus
Melvan indique avoir candidaté à l’appel d’offres de la Commission de régulation de l’énergie du 31 juillet 2026. Sa documentation conditionne la sécurisation des revenus à cette procédure. Elle annonce un chantier en 2027, puis une mise en service début 2028, sans établir l’attribution effective du soutien attendu.
L’enseignement dépasse ainsi la seule puissance installée. Pour les entreprises qui envisagent de valoriser une ancienne emprise industrielle, Courthézon souligne l’importance du temps de développement. Entre dépôt du permis, consultation publique et préparation du chantier, la transformation du foncier en actif énergétique suit plusieurs jalons distincts.

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