Crédit Agricole 15,26 € +0,30 % Air Liquide 173,94 € -0,29 % Airbus 192,14 € -0,31 % Alstom 16,17 € -0,12 % Danone 63,26 € +2,66 % BNP Paribas 86,62 € -0,39 % Carrefour 13,24 € -0,45 % Capgemini 123,05 € +0,20 % AXA 42,43 € -0,07 % Vinci 108,70 € +0,05 % Dassault Systèmes 24,28 € -1,66 % Edenred 24,18 € -0,49 % EssilorLuxottica 181,65 € -0,08 % Bouygues 41,04 € +0,34 % Engie 23,38 € +0,04 % Eurofins Scientific 86,08 € +0,70 % Société Générale 61,82 € +0,34 % Thales 234,90 € +0,30 % Kering 176,40 € -1,73 % Legrand 130,40 € +1,05 % LVMH 387,05 € -0,31 % Michelin 31,80 € +0,03 % ArcelorMittal — L'Oréal 428,20 € -0,44 % Orange 14,30 € +0,28 % Publicis 99,26 € -0,40 % Pernod Ricard 65,60 € -1,23 % Hermès International 1 272,50 € +0,32 % Renault 26,10 € +0,62 % Safran 271,20 € -1,24 % Sanofi 75,38 € +0,31 % Saint-Gobain 67,48 € -0,53 % Stellantis 3,92 € +5,49 % STMicroelectronics 43,37 € +0,01 % Schneider Electric 243,80 € +0,45 % Teleperformance 79,72 € -0,55 % TotalEnergies 83,13 € +0,16 % Unibail-Rodamco 91,52 € -0,37 % Veolia 32,81 € +0,58 % Worldline 11,68 € +13,70 %
Industrie

Le financement aéronautique conditionne la place des ETI françaises dans les technologies du futur monocouloir

eti_news ·

300 millions d’euros par an : derrière le financement du CORAC se joue l’accès des ETI françaises aux prochains programmes aéronautiques. Le plan 2024-2027 doit notamment préparer les technologies du futur monocouloir ultrafrugal, un marché stratégique pour les équipementiers et leurs fournisseurs.

Or, Olivier Andriès, président du GIFAS et directeur général de Safran, déclare ne disposer d’aucune assurance sur les financements publics pour 2026 et 2027. Cette incertitude dépasse les seuls budgets de recherche des grands groupes. Elle interroge la capacité des entreprises intermédiaires à participer aux développements qui détermineront leur place dans la future chaîne industrielle.

Un engagement public qui manque de visibilité

Le Conseil pour la recherche aéronautique civile organise une feuille de route commune entre l’État et la filière. Son plan 2024-2027 repose sur un soutien public annoncé de 300 millions d’euros par an. Trois objectifs structurent les travaux : compétitivité, décarbonation et préparation technologique du prochain monocouloir.

Interrogé sur les garanties obtenues pour les deux exercices, Olivier Andriès répond : « Non, je n’ai à ce stade aucune assurance ». Il demande le respect de l’engagement présidentiel, sans réclamer dans cette intervention une nouvelle enveloppe.

Les documents budgétaires éclairent l’origine de cette inquiétude. Dans son analyse du projet de loi de finances pour 2026, le Sénat identifiait un financement inférieur de 85 millions d’euros à la cible annuelle. Cela correspondait à une prévision de 215 millions d’euros, et non à un bilan définitif d’exécution.

Autre difficulté : plusieurs circuits contribuent au financement. Le programme 190 et le programme 424, rattaché à France 2030, alimentent le dispositif. Pour les industriels, l’enjeu consiste donc autant à sécuriser les montants qu’à connaître leur calendrier de mobilisation.

Pour les ETI, un accès aux développements futurs

Le CORAC ne constitue pas seulement une aide aux grands donneurs d’ordres. L’évaluation gouvernementale de France 2030, publiée en septembre 2025, apporte une mesure plus précise de son fonctionnement. Sur le périmètre étudié, les grands groupes concentrent 88 % des aides. Toutefois, plus de 40 % des projets financés associent de grandes entreprises à des PME, des ETI ou des établissements publics.

Ces proportions appellent une distinction essentielle. La concentration des aides directes ne mesure pas, à elle seule, la participation des fournisseurs aux travaux. Inversement, le caractère collaboratif d’un projet ne permet pas de connaître la part financière revenant effectivement aux ETI.

L’enjeu stratégique porte ainsi sur leur présence dans les consortiums et sur les compétences qu’elles peuvent y développer. Pour une entreprise intermédiaire, contribuer à une brique technologique représente une possibilité de se positionner avant les futurs choix industriels. Cela ne garantit cependant aucun contrat de série.

L’évaluation publique relève déjà des difficultés concrètes : calendriers d’appels à projets peu prévisibles, ajustements des enveloppes et délais de traitement critiqués. Elle souligne que ces variations imposent d’importants travaux de replanification aux entreprises. La visibilité budgétaire constitue donc aussi un enjeu d’organisation des équipes de recherche.

Le Royaume-Uni inscrit son soutien dans la durée

La comparaison britannique met en évidence une autre approche. Londres a annoncé jusqu’à 2,3 milliards de livres pour prolonger le programme de l’Aerospace Technology Institute jusqu’en 2035. Il s’agit d’un plafond pluriannuel, et non d’une dotation annuelle uniforme ou intégralement dépensée.

Le gouvernement britannique présente explicitement cette politique comme un moyen d’augmenter le contenu national des futurs monocouloirs. Son plan industriel vise également une progression de la part britannique du marché aéronautique mondial. Le financement de la recherche répond donc à un objectif de positionnement industriel, au-delà de la seule performance environnementale.

Pour les ETI françaises, cette concurrence souligne l’importance de la continuité des programmes collaboratifs. L’analyse ne consiste pas à opposer mécaniquement deux enveloppes nationales, dont les périmètres diffèrent. Elle porte surtout sur la capacité à donner aux entreprises un horizon cohérent avec leurs développements technologiques.

Sécuriser les moyens et mesurer leur diffusion

La prochaine étape ne se résume donc pas à confirmer un montant global. L’évaluation de France 2030 recommande de sécuriser le financement du CORAC au-delà de 2027. Elle demande aussi davantage de lisibilité, de rapidité et de prévisibilité dans sa mise en œuvre.

Pour les ETI, deux indicateurs permettront d’apprécier la portée industrielle du soutien : la continuité des projets et leur participation effective aux travaux. L’enjeu est de transformer une trajectoire budgétaire en capacités technologiques, puis en positions commerciales. Sans confondre promesse de financement, aide attribuée et contrat industriel.

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