CMP Composites investit plus de 5 millions d’euros pour industrialiser ses productions et viser 6,3 millions de chiffre d’affaires en 2026
Plus de 5 millions d’euros pour accompagner un changement d’échelle industriel. À Blanquefort, CMP Composites investit dans une nouvelle usine pour développer ses fabrications destinées notamment à la défense et au spatial. L’entreprise vise 6,3 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026, soit une progression de 45 % sur un an. Ce montant reste un objectif, non un résultat acquis.
Encore PME, le fabricant girondin illustre un enjeu concret pour les chaînes de sous-traitance françaises : transformer une expertise technique en capacité de production. Son développement associe désormais agrandissement industriel, compétences scientifiques et intégration de la mécanique de précision.
À Blanquefort, un outil dimensionné pour les grandes pièces
Les équipes ont rejoint Blanquefort le 1er septembre 2026. Le nouveau site, inauguré le 15 octobre, représente environ 4 700 mètres carrés, contre 1 200 mètres carrés auparavant à Eysines. Il faut toutefois distinguer l’augmentation des surfaces de celle des capacités productives : ces deux indicateurs ne mesurent pas la même chose.
L’usine prévoit cinq lignes : trois consacrées à l’enroulement filamentaire, une à la finition et une aux procédés traditionnels de fabrication composite. Des ponts roulants permettent de déplacer des pièces pouvant atteindre cinq tonnes. L’atelier à atmosphère contrôlée répond aux contraintes spécifiques de ces productions.
Ce développement prolonge un premier effort d’investissement. En avril 2025, CMP annonçait avoir engagé plus de 3 millions d’euros sur fonds propres depuis 2023. Une nouvelle ligne permettait alors de fabriquer des tubes et réservoirs atteignant neuf mètres de longueur et 1,8 mètre de diamètre. Ces dépenses industrielles sont distinctes de l’investissement immobilier annoncé pour Blanquefort.
Du bureau d’études à la fabrication en série
Jérôme Bénabès et Antoine Lavaud ont créé CMP Composites en 2016. L’entreprise s’est d’abord développée dans la conception et le prototypage de pièces complexes. Jean-Marie Ledan et Sébastien Paul l’ont rejointe comme associés en 2020. Son portefeuille de références comprend notamment le CNES, Dassault Aviation, Naval Group et Airbus, selon sa présentation de ses activités composites.
Sa spécialité, l’enroulement filamentaire, consiste à déposer des fibres autour d’un outillage pour former une structure résistante et légère. À Blanquefort, cette compétence sert notamment des travaux pour HyPrSpace. CMP intervient sur le corps principal et le réservoir du petit lanceur développé par cette entreprise girondine.
La trajectoire dépasse cependant le seul agrandissement d’atelier. Avec davantage de place et des équipements adaptés aux grandes dimensions, CMP cherche à accompagner ses clients au-delà du prototype. Pour les donneurs d’ordres, l’intérêt industriel réside dans cette continuité entre développement et fabrication, plutôt que dans la seule disponibilité de mètres carrés supplémentaires.
Une intégration industrielle pertinente pour les ETI
Le groupe CMPi réunit également Cuvelier Polyméca Industrie, implantée à Biganos. Cette société de mécanique de précision a rejoint le groupe en 2023. Le rapprochement associe ainsi fabrication composite et usinage au sein d’un même ensemble.
Cette complémentarité trouve une application dans les outillages. Pour une structure destinée à HyPrSpace, CMP a fait réaliser un mandrin de plus de trois tonnes avec sa filiale et des partenaires. L’outil reste au sol : il sert à fabriquer la pièce composite. Cet exemple montre comment l’intégration mécanique soutient directement l’activité de production.
Pour les ETI industrielles, le cas éclaire une option de structuration des fournisseurs : rapprocher des savoir-faire complémentaires plutôt que multiplier les interfaces. Il ne démontre pas, à lui seul, une baisse des coûts ou des délais. En revanche, il matérialise une capacité à traiter ensemble l’outillage et la pièce finale.
Les compétences, prochain levier du changement d’échelle
CMP déclare compter 42 collaborateurs, dont huit docteurs-ingénieurs. L’entreprise indique aussi avoir obtenu la certification ISO 9001 en avril 2024. Ces ressources accompagnent son passage d’une petite structure de développement à une organisation industrielle plus étoffée.
La direction affiche désormais l’ambition d’atteindre 100 salariés en 2030. L’enjeu sera donc autant humain qu’immobilier : renforcer les équipes et organiser la production, tout en conservant les compétences techniques qui fondent son positionnement. Pour CMP comme pour les ETI clientes ou partenaires, la nouvelle usine constitue un moyen industriel. La croissance annoncée reste l’étape à concrétiser.

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