Aptar Pharma doit convertir sa croissance en rentabilité tout en valorisant ses capacités industrielles et scientifiques en France
Virginie Maes prendra la présidence d’Aptar Pharma le 1er janvier 2027. Annoncée le 22 octobre 2026, cette nomination place une dirigeante d’Amcor aux commandes d’une activité fortement implantée en France. Elle intervient alors que la branche pharmaceutique conjugue croissance commerciale et pression sur sa rentabilité.
Une dirigeante internationale pour prolonger la transformation
Virginie Maes dirige actuellement l’activité mondiale Flexibles Pharma and Medical d’Amcor. Son périmètre couvre l’Amérique du Nord, l’Amérique latine, l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie. Elle a occupé plusieurs responsabilités dans la pharmacie, le médical, la stratégie et le développement commercial. Auparavant, elle a travaillé chez McKinsey, Terra Firma Capital Partners et Morgan Stanley.
Le choix de ce profil associe donc expérience du conditionnement pharmaceutique et pilotage d’activités internationales. Dans son communiqué, Aptar met notamment en avant ses compétences en relations clients, transformation et performance opérationnelle. Virginie Maes souligne, pour sa part, l’articulation entre technologies, services et expertise, depuis la formulation jusqu’à la commercialisation.
Cette nomination suit un autre changement de gouvernance. Gael Touya dirige AptarGroup depuis le 1er septembre 2026, après avoir présidé Aptar Pharma depuis 2018. Sous sa responsabilité, la branche a élargi son offre vers un accompagnement plus intégré des laboratoires, combinant acquisitions ciblées, développement interne et innovation. La nouvelle présidente s’inscrit ainsi dans une organisation déjà engagée au-delà de la fabrication de composants.
Une croissance à convertir en rentabilité
Les résultats du deuxième trimestre 2026 donnent la mesure des enjeux. Aptar Pharma affiche une hausse de 4 % de ses ventes publiées. Toutefois, sa croissance à périmètre et changes constants atteint seulement 1 %. Les effets de change apportent deux points et les acquisitions un point supplémentaire.
La demande progresse notamment dans les applications injectables, les soins oculaires et plusieurs traitements respiratoires. Les médicaments biologiques, les thérapies GLP-1 et les vaccins soutiennent également l’activité. En revanche, le déstockage dans les médicaments d’urgence freine cette dynamique. Le groupe distingue donc la progression de ses marchés porteurs des ajustements de stocks de certains clients.
Parallèlement, la marge d’EBITDA ajusté de Pharma recule de 1,8 point, à 33,6 %. Aptar attribue ce mouvement à une composition des ventes moins favorable, malgré les gains de productivité et les redevances. L’enjeu opérationnel apparaît clairement : la progression des volumes ne suffit pas lorsque les produits vendus contribuent différemment à la marge.
La Normandie, un ancrage industriel et scientifique majeur
La portée française de cette nomination dépasse la gouvernance d’un groupe américain. En septembre 2025, l’agglomération Seine-Eure recensait 2 581 collaborateurs d’Aptar Pharma en France, dont 1 200 sur le campus du Vaudreuil-Val-de-Reuil. Ces effectifs décrivent une implantation nationale importante ; ils ne constituent pas, à eux seuls, une qualification d’ETI pour l’ensemble du groupe.
Ce campus a inauguré un nouveau centre de recherche et développement en septembre 2025. Il accueille 170 collaborateurs. Les équipes locales travaillent notamment sur les systèmes de délivrance nasale et pulmonaire, avec des essais destinés à vérifier les performances des dispositifs dans différentes conditions d’utilisation. L’innovation porte donc autant sur la fiabilité de l’administration que sur le composant lui-même.
À Granville, IDEC Santé a annoncé en mars 2025 la livraison d’un site industriel de 16 500 mètres carrés. L’installation comprend des espaces à atmosphère contrôlée, des laboratoires de contrôle qualité et des zones de conditionnement. Le chantier a mobilisé près de 220 entreprises partenaires durant 42 mois de travaux.
Un signal concret pour l’écosystème des ETI
Ces projets illustrent le lien entre les investissements d’un donneur d’ordre international et le tissu économique français. À Granville, la construction associe ingénierie, bâtiments techniques et environnements de production contrôlés. Au Vaudreuil-Val-de-Reuil, l’agglomération indique que 90 % des entreprises du chantier du centre de R&D étaient normandes. L’effet territorial repose ainsi sur des prestations identifiables, et non sur une perspective abstraite de retombées.
Pour les ETI de cette chaîne de valeur, l’enseignement stratégique tient à la combinaison des compétences industrielles et scientifiques. Les installations françaises montrent l’importance des capacités de conception, de contrôle et d’exécution technique. La prise de fonctions de Virginie Maes ouvrira une nouvelle séquence de gouvernance ; le communiqué de nomination n’annonce toutefois ni investissement supplémentaire ni réorganisation des sites français.

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