Allia prépare ses capacités aux marchés nucléaires et de défense avec un investissement industriel de 17 millions d’euros
Dix-sept millions d’euros pour adapter l’outil industriel aux marchés du nucléaire et de la défense. À Verrières-en-Anjou, Allia et sa maison mère Iron Will France (IWF) engagent une transformation qui dépasse l’agrandissement des ateliers. Le groupe compte 320 salariés et affiche 90 millions d’euros de chiffre d’affaires, selon l’agence de développement économique Aldev.
Une montée en capacité portée par des contrats nucléaires
Pour cette ETI industrielle, l’enjeu consiste à convertir les grands programmes nationaux en capacités de fabrication disponibles. IWF réunit notamment Allia, Process Systems et RBL-REI. Ses débouchés couvrent le nucléaire, la défense et l’énergie, avec des marchés liés aux EPR2 et aux programmes navals militaires.
Le nucléaire apporte déjà une traduction commerciale concrète. Le 5 novembre 2025, EDF a annoncé un contrat associant ACM, Allia et Onet Technologies. Il concerne la conception, la fabrication et la fourniture d’échangeurs tubulaires pour le programme EPR2. Ces équipements interviennent dans le refroidissement des piscines des bâtiments réacteurs et le traitement des effluents.
Le marché porte sur 42 échangeurs, précise Onet Technologies dans sa présentation du contrat EPR2. Mandataire du groupement, cette entreprise prend en charge les études et l’évaluation réglementaire de conformité. ACM et Allia assurent la fabrication. Les 42 unités correspondent donc au contrat collectif, et non à une commande attribuée intégralement à Allia.
Deux ateliers pour transformer le site angevin
Le 8 octobre 2026, Allia a inauguré l’atelier « Loire », une extension de 1 200 mètres carrés. L’entreprise a également posé la première pierre du bâtiment « Maine ». Cette future unité de 3 200 mètres carrés accueillera les fabrications en acier inoxydable, notamment destinées aux réacteurs EPR2.
La construction, l’aménagement et l’équipement des deux ateliers représentent 13 millions d’euros. Le programme global comprend aussi la réhabilitation d’ateliers existants, l’agrandissement des bureaux et l’amélioration de la performance énergétique. Angers Loire Métropole accompagne l’opération par son fonds d’intervention économique, sans montant précisé dans la présentation d’Aldev.
La logique industrielle ne se limite toutefois pas aux surfaces supplémentaires. Allia explique que la modernisation doit mieux intégrer la chaudronnerie, la fabrication et l’assemblage sur le pôle angevin. Elle vise également à adapter les moyens de production aux équipements de grandes dimensions et aux projets complexes.
Pour les ETI, associer capacité industrielle et maîtrise réglementaire
Le partage des responsabilités sur le contrat EPR2 éclaire le positionnement d’Allia. L’entreprise intervient comme fabricant au sein d’un groupement qui rassemble plusieurs compétences. Cette organisation montre comment une entreprise industrielle spécialisée peut participer à un grand programme sans porter seule toutes les fonctions techniques et réglementaires. Il s’agit ici d’une lecture stratégique de la répartition annoncée par les partenaires.
Par ailleurs, les investissements immobiliers ne suffisent pas à caractériser la montée en gamme recherchée. Dans sa présentation du projet, Allia associe explicitement modernisation des installations, développement des expertises et exigences de qualité. Pour les ETI sous-traitantes, ce cas illustre l’articulation entre nouveaux moyens de production et compétences nécessaires pour répondre aux donneurs d’ordres.
L’emploi constitue ainsi un volet distinct du programme. Le groupe annonce la création de 40 postes techniques et industriels. Ces recrutements doivent renforcer les équipes et accompagner les nouvelles activités. Ils relèvent du développement d’IWF, et ne doivent pas être présentés comme le seul effectif supplémentaire d’Allia.
Une trajectoire de croissance à concrétiser d’ici 2030
Selon Aldev, IWF ambitionne d’atteindre 130 millions d’euros de chiffre d’affaires et 300 salariés à Verrières-en-Anjou d’ici 2030. Le site en rassemble actuellement 250. La moitié du chiffre d’affaires du groupe provient de l’export : son développement ne repose donc pas exclusivement sur les commandes françaises.
Ces chiffres restent des objectifs, non des résultats acquis. La prochaine étape industrielle concerne le bâtiment Maine, tandis que les recrutements doivent accompagner l’élargissement des capacités. Pour IWF, le programme de 17 millions d’euros constitue ainsi un investissement de préparation : disposer des ateliers et des équipes adaptés aux marchés remportés et aux ambitions affichées.

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