Aerix Systems sécurise son passage à l’échelle grâce à KNDS et structure une filière française de drones anti-aériens
Le passage à l’échelle d’Aerix Systems ne se joue plus seulement dans ses ateliers girondins. En juin 2026, KNDS a retenu le spécialiste de la robotique aérienne pour développer une brique de son dispositif de lutte anti-drones TARGAS. Pour cette jeune entreprise, l’enjeu est désormais de transformer une avance technique en capacité industrielle crédible.
La trajectoire intéresse directement les ETI françaises de la défense, de l’électronique embarquée et de la mécanique de précision. Elles peuvent devenir fournisseurs, partenaires d’intégration ou sous-traitants d’une filière qui doit produire plus vite, sans céder sur la fiabilité ni sur la souveraineté des composants.
Une technologie conçue pour l’interception
Fondée en 2020 et implantée à Mérignac, Aerix Systems développe des plateformes à propulsion omnidirectionnelle. Contrairement à un drone multirotor conventionnel, le vecteur peut dissocier son orientation de sa trajectoire. Cette architecture vise à améliorer la manœuvrabilité dans des environnements contraints et lors de missions d’interception.
Son modèle AXS-µ1 de robotique aérienne omnidirectionnelle est présenté comme une plateforme multi-missions. Aerix annonce une vitesse maximale de 200 km/h, un temps de vol de dix minutes et une charge utile allant jusqu’à 1,5 kg. Ses débouchés déclarés couvrent l’inspection industrielle, la protection de sites sensibles et la lutte anti-drones.
La société ne commercialise donc pas seulement un appareil. Elle défend une logique de plateforme ouverte, capable d’intégrer des charges utiles, des liaisons de données, des capteurs et des briques logicielles selon la mission. Cette modularité est décisive pour des donneurs d’ordres qui cherchent à éviter les systèmes fermés et rapidement obsolètes.
KNDS apporte le débouché système
Le partenariat avec KNDS place Aerix dans un cadre industriel plus structurant. Lors du salon Eurosatory, KNDS a présenté TARGAS, un écosystème de lutte anti-drones associant détection, identification, suivi et neutralisation des menaces aériennes, terrestres ou navales.
Dans cette architecture, le module TARGAS DSP10 combine des moyens de neutralisation non destructifs avec le déploiement d’un drone intercepteur. KNDS précise que ce module sera développé avec Aerix. Le positionnement est important : l’entreprise girondine intervient sur un effecteur intégré à une offre plus large, et non comme simple fabricant isolé de drones.
Cette coopération ne vaut pas encore commande en série. Elle constitue toutefois une validation industrielle majeure. KNDS dispose d’une base installée dans les systèmes terrestres, tandis que ses revenus ont atteint 4,4 milliards d’euros en 2025. Pour Aerix, l’accès à cet intégrateur peut accélérer les phases d’essais, de qualification et d’intégration sur des plateformes de défense.
Le vrai défi : fabriquer, qualifier et livrer
Au début de 2026, Aerix a annoncé une levée de fonds de 5 millions d’euros afin de financer sa pré-série industrielle. Après un premier tour de 1,6 million d’euros réalisé en 2024, l’entreprise vise une capacité d’environ 100 appareils par mois. Elle comptait alors 20 salariés et prévoyait de renforcer ses effectifs.
Le cap industriel est exigeant. Produire des drones de défense à cadence soutenue impose de sécuriser les approvisionnements, de stabiliser la nomenclature, de tester chaque sous-ensemble et de documenter la conformité. Les PME et ETI de l’usinage, des composites, de l’électronique, de l’optronique et de l’assemblage peuvent capter une part de cette montée en charge, à condition de répondre aux exigences de traçabilité et de délais.
La sélection d’Aerix dans la cohorte 2026 du programme DIANA de l’OTAN lui donne aussi une visibilité auprès des écosystèmes d’innovation alliés. Mais l’accès à ce réseau ne remplace ni les démonstrations opérationnelles ni la qualification des solutions.
Pour le Mittelstand français, le dossier Aerix illustre une évolution de fond. La valeur se déplace vers les entreprises capables de relier une technologie de rupture à une supply chain robuste et à un grand intégrateur. La prochaine étape sera donc moins la démonstration de vol que la preuve d’une production répétable, maintenable et intégrable dans des systèmes de défense complexes.

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