Crédit Agricole 15,55 € +3,53 % Air Liquide 184,82 € +1,24 % Airbus 195,64 € +1,20 % Alstom 11,20 € +0,67 % Danone 66,56 € +0,82 % BNP Paribas 92,08 € +5,10 % Carrefour 13,30 € +1,72 % Capgemini 127,20 € +1,60 % AXA 44,29 € +2,88 % Vinci 111,00 € +2,02 % Dassault Systèmes 25,21 € +0,92 % Edenred 24,32 € +1,54 % EssilorLuxottica 183,90 € -0,19 % Bouygues 41,95 € +2,24 % Engie 23,94 € +2,66 % Eurofins Scientific 88,02 € +0,89 % Société Générale 64,60 € +4,96 % Thales 226,30 € -2,88 % Kering 187,96 € +4,28 % Legrand 133,35 € -0,34 % LVMH 408,20 € +1,67 % Michelin 33,36 € +2,87 % ArcelorMittal — L'Oréal 439,55 € +1,58 % Orange 14,97 € +1,80 % Publicis 102,50 € +1,33 % Pernod Ricard 68,52 € +0,38 % Hermès International 1 343,50 € +2,36 % Renault 27,96 € +2,64 % Safran 292,70 € +2,70 % Sanofi 82,39 € +1,74 % Saint-Gobain 71,68 € +1,93 % Stellantis 4,02 € -1,67 % STMicroelectronics 43,08 € -0,05 % Schneider Electric 237,15 € -1,08 % Teleperformance 80,90 € -0,10 % TotalEnergies 83,09 € +0,46 % Unibail-Rodamco 93,28 € +1,17 % Veolia 33,52 € +1,73 % Worldline 10,94 € +2,00 %
ETI en Europe

Recyclage chimique : EMV Capital mise sur un réacteur de DTR pour relancer une usine industrielle à Rotterdam

eti_news ·

Plus de 50 millions d’euros avaient été investis dans Pryme One. Arrêtée en mars 2026, cette usine de recyclage chimique du port de Rotterdam change désormais de mains avec un plan de relance fondé sur un nouveau réacteur.

EMV Capital a acquis le site via sa filiale néerlandaise Winalot. L’opération vise à transformer un actif industriel en difficulté en vitrine commerciale pour DeepTech Recycling Limited, ou DTR, une société déjà présente dans le portefeuille de l’investisseur.

Un actif industriel repris à forte décote

L’usine Pryme One a atteint son achèvement mécanique en 2023, après plus de 50 millions d’euros de dépenses de développement. Elle a démarré ses opérations en 2024 et a généré des revenus grâce à la vente d’huile de pyrolyse.

Le site a toutefois cessé son activité en mars 2026. La cause identifiée concerne des difficultés critiques liées à la technologie du réacteur alors en place. Cette séquence rappelle le principal défi du recyclage chimique : passer du pilote à une exploitation stable, continue et rentable.

Le montant de l’acquisition n’a pas été divulgué. Les actifs repris seront initialement comptabilisés pour 2,1 millions d’euros. L’écart avec le coût historique illustre le risque industriel assumé par l’acquéreur, mais aussi la valeur des infrastructures déjà construites.

Winalot estime à environ 6 millions de livres sterling les investissements complémentaires nécessaires au redémarrage. L’objectif annoncé est une reprise commerciale dans un délai d’environ dix-huit mois. Ce calendrier dépend toutefois du financement, de l’accord définitif avec DTR et de la réussite du rétrofit.

Le réacteur, point central du redémarrage

Le projet repose sur l’intégration d’un réacteur à lit fluidisé développé par DTR. Cet équipement breveté a déjà été fabriqué. Il doit être installé dans les infrastructures existantes de Pryme One, plutôt que dans une usine construite ex nihilo.

Cette approche réduit théoriquement le temps de déploiement et le besoin en capital. Elle permet de conserver les utilités, les équipements périphériques et l’environnement opérationnel du site. Pour une jeune technologie industrielle, l’accès à une installation déjà équipée peut accélérer la preuve de compétitivité.

DTR cherche ainsi sa première validation à l’échelle commerciale. Si le programme aboutit, Pryme One deviendrait un site de démonstration pour des clients industriels potentiels. Le groupe entend produire et commercialiser des huiles recyclées destinées à servir de matières premières à la pétrochimie.

Le choix de Rotterdam renforce la logique industrielle. Le port concentre raffineries, producteurs de produits chimiques, capacités logistiques et débouchés pour les matières premières circulaires. Il accueille aussi des installations de démonstration commerciale, notamment à Plant One Rotterdam, dans la zone de Botlek.

Un test grandeur nature pour le recyclage chimique

La reprise intervient dans un cadre européen devenu plus structurant. Depuis le 12 août 2026, les règles européennes sur les emballages renforcent les exigences de circularité et de contenu recyclé. Elles créent un débouché potentiel, mais ne garantissent pas la rentabilité des procédés.

La Commission européenne a aussi précisé les modalités de calcul du contenu recyclé pour certaines bouteilles en plastique à usage unique. Le dispositif encadre le bilan massique applicable au recyclage chimique. Les producteurs doivent donc démontrer précisément l’origine des intrants et l’affectation des matières en sortie.

Pour les ETI françaises de la plasturgie, de la collecte, du tri et de la chimie, le dossier dépasse le seul cas néerlandais. Il montre l’intérêt d’adosser une innovation de procédé à des actifs existants, plutôt que de financer systématiquement des projets neufs très capitalistiques.

Il souligne aussi une limite majeure. Un procédé peut répondre à une demande réglementaire et disposer d’un site bien positionné, sans avoir encore prouvé sa robustesse industrielle. La disponibilité du réacteur, la qualité des déchets entrants, les rendements matière et les contrats d’enlèvement restent décisifs.

Un montage financier à surveiller

L’acquisition et le besoin initial de trésorerie ont été financés par dette externe, arrangée par EMV Capital Partners. Le financement du redémarrage devra ensuite combiner, selon les options envisagées, dette supplémentaire, subventions non dilutives et fonds propres.

Ce montage associe un actif décoté, une technologie de portefeuille et des capitaux tiers. Il peut créer un effet de levier important si l’usine redémarre. À l’inverse, il concentre le risque sur l’exécution technique et sur la capacité à financer les travaux jusqu’à la production régulière.

Pour le Mittelstand français, l’enseignement est concret : dans les filières de décarbonation, la valeur ne se situe pas seulement dans le brevet. Elle dépend de la maîtrise opérationnelle, de l’accès aux infrastructures et de contrats commerciaux capables de sécuriser les volumes et les marges.

Informations sur l’acquisition de Pryme One par Winalot

Règles européennes sur le calcul du contenu recyclé

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