Pourquoi les PME et ETI devront coupler électrification et automatisation pour gagner en productivité, maîtriser leurs coûts et accélérer leur transition
Dans l’électrification, les PME et les ETI sont souvent « prêtes » sur le principe. En revanche, l’automatisation reste le chaînon manquant pour tenir les objectifs de productivité et de sobriété.
Sur ce terrain, un acteur concentre une partie des arbitrages d’investissement des industriels et du bâtiment. Rexel, leader français de la distribution de solutions d’électrification et d’optimisation énergétique, revendique 3,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France en 2025.
Un contexte où l’électrification s’accélère, mais sous contrainte budgétaire
La pression énergétique et climatique ne baisse pas. Pourtant, la capacité d’investissement des entreprises, elle, se tend. Les dirigeants priorisent les dépenses à retour rapide.
Dans l’industrie, l’équation est claire. Électrifier les procédés et gagner en efficacité énergétique suppose des choix d’équipements. Mais ces choix n’atteignent leur plein potentiel que si l’atelier se digitalise et s’automatise.
Les signaux conjoncturels restent contrastés côté tissu intermédiaire. Selon une note conjoncturelle publiée début 2026, les investissements des ETI ont « sensiblement baissé » en 2025, avec une variation indiquée à -17%.
En parallèle, l’État cherche à remettre de la visibilité. Un plan d’électrification des usages a été présenté, avec 22 mesures et l’annonce d’une relance de dispositifs de soutien à la décarbonation industrielle en 2025 pour accélérer l’électrification de l’économie.
Les faits : un discours centré sur l’électrification, avec l’automatisation comme condition de performance
Rexel met en avant une lecture pragmatique du marché. D’un côté, l’électrification progresse dans les entreprises de toutes tailles. De l’autre, le passage à l’échelle dépend de la capacité à automatiser.
Dans une prise de parole récente, la direction France souligne un positionnement d’intégrateur de solutions. L’objectif affiché est d’accompagner les clients sur des « solutions globales d’électrification et d’efficacité énergétique » plutôt que sur la simple fourniture de matériel.
Cette approche s’appuie sur des outils et services destinés à fluidifier l’exécution sur le terrain. Rexel cite notamment des dispositifs digitaux et des solutions de gestion pour les entreprises d’installation, afin de « faciliter le quotidien » et soutenir la transformation des métiers.
La stratégie répond aussi à une réalité sectorielle. L’industrie est décrite comme ralentie par la baisse des commandes. Le neuf résidentiel souffre de la crise du logement. Dans ce cadre, la valeur se déplace vers la rénovation, l’efficacité et l’optimisation des installations.
Analyse ETI : l’automatisation, levier de compétitivité autant que de décarbonation
Pour beaucoup d’ETI industrielles, électrifier ne consiste pas seulement à remplacer une énergie par une autre. Il s’agit de stabiliser les coûts, de sécuriser l’approvisionnement et de réduire l’intensité carbone, sans perdre en cadence.
Or, une ligne électrifiée mais pilotée « à l’ancienne » laisse de la performance sur la table. L’automatisation apporte trois gains concrets. D’abord, elle réduit les dérives de consommation via le pilotage fin. Ensuite, elle améliore la qualité et limite les rebuts. Enfin, elle sécurise la maintenance grâce au suivi d’état.
C’est aussi un sujet de trésorerie. Les ETI arbitrent entre capex, recrutement et productivité. Quand l’investissement est sous pression, elles privilégient ce qui protège la marge opérationnelle. Dans ce contexte, l’automatisation devient la justification économique des chantiers d’électrification.
Le rôle des distributeurs évolue alors. Ils ne sont plus uniquement un maillon d’approvisionnement. Ils deviennent un point d’entrée vers des solutions complètes, combinant équipements, services, et accompagnement dans le dimensionnement des projets.
Cette mutation est particulièrement sensible dans les territoires. Les ETI y opèrent avec des équipes techniques limitées. Elles attendent des parcours d’achat plus simples et des solutions standardisables. Les outils digitaux, les showrooms et les services de configuration répondent à ce besoin de vitesse d’exécution.
Perspectives : une course à la « capillarité » et au service, dans un marché plus sélectif
La dynamique de l’électrification ne se jouera pas uniquement sur les mégaprojets. Rexel insiste sur une électrification « capillaire », qui concerne toutes les tailles de chantiers, donc massivement les PME et les ETI.
Pour les industriels de taille intermédiaire, les prochains mois devraient se structurer autour de trois décisions. Premièrement, prioriser les usages énergétiques les plus coûteux. Deuxièmement, coupler électrification et automatisation dans un même business case. Troisièmement, sécuriser les compétences, internes ou via des partenaires.
Dans ce cadre, les acteurs capables d’industrialiser le déploiement, de proposer des solutions packagées et de soutenir l’exploitation des équipements prendront un avantage. La compétition se déplacera vers la capacité à prouver un retour sur investissement, site par site.
Enfin, la visibilité sur les dispositifs publics comptera. Le plan d’électrification des usages vise à accélérer l’électrification de l’économie. Pour les ETI, l’enjeu est de transformer ces orientations en projets finançables, puis en gains mesurables sur l’énergie et la productivité.
Dans une conjoncture où l’investissement se raréfie, l’électrification seule ne suffit plus. La valeur se crée désormais à l’interface entre énergie, automatisation et exécution opérationnelle.

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