Crédit Agricole 19,44 € +3,49 % Air Liquide 172,20 € +0,27 % Airbus 207,80 € +1,86 % Alstom 16,28 € +1,66 % Danone 67,22 € -1,64 % BNP Paribas 109,66 € +0,75 % Carrefour 15,99 € -0,34 % Capgemini 101,85 € -0,15 % AXA 45,26 € +0,09 % Vinci 123,55 € -0,24 % Dassault Systèmes 19,81 € -1,98 % Edenred 29,10 € +3,05 % EssilorLuxottica 166,45 € +1,74 % Bouygues 48,57 € -1,78 % Engie 27,34 € +4,87 % Eurofins Scientific 68,58 € -0,03 % Société Générale 82,41 € +1,62 % Thales 249,30 € +2,47 % Kering 287,60 € -1,05 % Legrand 134,25 € +2,72 % LVMH 473,25 € -0,01 % Michelin 34,73 € +0,67 % ArcelorMittal L'Oréal 385,15 € -2,25 % Orange 16,40 € -3,98 % Publicis 92,50 € -1,09 % Pernod Ricard 67,60 € -0,41 % Hermès International 1 518,00 € -2,10 % Renault 27,69 € -1,00 % Safran 343,90 € +1,06 % Sanofi 74,45 € +2,31 % Saint-Gobain 81,90 € +7,71 % Stellantis 5,17 € +2,18 % STMicroelectronics 47,01 € +3,04 % Schneider Electric 292,45 € +2,76 % Teleperformance 67,02 € +9,90 % TotalEnergies 75,96 € +0,52 % Unibail-Rodamco 105,35 € +0,81 % Veolia 35,22 € -1,62 % Worldline 12,37 € +24,11 %
Industrie

Abandon d’Exalia : la reprise de Vencorex s’effondre, 250 emplois potentiels disparaissent et la chimie iséroise perd une relance clé

eti_news ·

En Isère, un dossier industriel emblématique vient de se refermer brutalement.

Le projet Exalia, conçu pour relancer une partie des activités de l’ex-chimiste Vencorex à Pont-de-Claix, est abandonné. Les porteurs du projet disent avoir épuisé toutes les options.

Un dossier local devenu test national pour la chimie intermédiaire

La plateforme chimique de Pont-de-Claix est un maillon historique de la chimie française. Elle s’inscrit dans un écosystème de sites industriels interconnectés. Dans ce type de configuration, l’arrêt d’une unité critique ne se limite jamais à un seul site.

Le cœur du sujet tient à une chaîne industrielle courte, mais déterminante. Le sel est acheminé sous forme de saumure via un pipeline d’environ 85 km reliant Pont-de-Claix à une exploitation de sel basée à Hauterives, dans la Drôme. Cette infrastructure conditionne l’économie de la production locale de chlore et de soude.

Or, depuis la mise à l’arrêt des unités d’électrolyse, l’ensemble de la filière régionale a été fragilisé. Des effets d’entraînement ont aussi concerné la plateforme voisine de Jarrie, dépendante de flux intermédiaires issus de cette chaîne.

Les faits : abandon « définitif » du projet Exalia

Le mardi 9 juin, Olivier Six (président du groupe Orio et porteur du projet industriel Exalia) et Séverine Dejoux (ancienne salariée de Vencorex) ont annoncé, via un communiqué commun, être « contraints à l’abandon définitif » du projet.

Ils qualifient l’issue de « gâchis industriel, social et humain inacceptable ». Ils expliquent cet échec par « la rigidité du liquidateur judiciaire » et par le fonctionnement des juridictions spécialisées en matière économique.

Quelques jours plus tôt, l’hypothèse d’une clôture positive était encore évoquée dans l’entourage du dossier. Le retournement est donc d’autant plus marquant pour le territoire, qui voyait dans Exalia une solution de redémarrage partiel et rapide.

Ce renoncement intervient après un premier épisode majeur au printemps 2025. À cette date, l’offre retenue pour Vencorex a conduit à une reprise très partielle des activités par BorsodChem, filiale hongroise du groupe chinois Wanhua. La décision du tribunal a alors acté la conservation de 54 emplois sur environ 450.

Dans ce contexte, Exalia visait à récupérer une partie des actifs non repris et à réindustrialiser un segment clé : une production locale de chlore, d’acide chlorhydrique et de soude. L’objectif affiché était de recréer plus de 250 emplois directs à court terme, en s’appuyant sur la plateforme de Pont-de-Claix et sur le redéploiement de la mine de sel stratégique de Hauterives.

Pourquoi l’échec d’Exalia pèse particulièrement sur les ETI

Le dossier Vencorex illustre une réalité fréquente pour les ETI industrielles : la compétitivité ne se joue pas seulement sur l’outil de production. Elle se joue aussi sur l’accès à des actifs critiques, sur la continuité d’exploitation et sur la capacité à sécuriser des chaînes d’approvisionnement intégrées.

Exalia portait précisément cette logique d’ETI. D’un côté, une approche de relance industrielle ancrée localement. De l’autre, la volonté de reconstituer une base de production flexible et, à terme, plus décarbonée, en s’appuyant sur des infrastructures existantes.

Or, dans une liquidation, la vitesse et la rigidité des processus peuvent entrer en collision avec les contraintes industrielles. Un site chimique ne se redémarre pas comme un atelier. Les délais de cession, la granularité des actifs cédés et les conditions d’accès au foncier et aux utilités peuvent suffire à rendre un business plan inopérant.

Pour les ETI du tissu industriel régional, l’enjeu dépasse l’emploi direct. Le chlore et la soude sont des intrants structurants pour plusieurs chaînes de valeur. Quand une capacité disparaît, les coûts logistiques augmentent. Ensuite, les risques de dépendance à l’import s’accroissent. Enfin, la résilience industrielle se dégrade.

Des acteurs sectoriels ont déjà alerté sur une dimension de souveraineté. Selon Eurochlor, la fermeture des unités concernées contribuerait à une baisse significative de la capacité française de production de chlore, avec un impact sur le nombre d’unités nationales en fonctionnement.

Perspectives : un territoire face à la question des actifs « non reprenables »

L’abandon d’Exalia laisse une zone grise : que deviennent les actifs non repris et les infrastructures de chaîne, comme le lien amont-aval avec Hauterives ? Dans ce type de dossier, l’enjeu est de savoir si des morceaux d’outil industriel peuvent vivre seuls, ou s’ils perdent toute valeur hors système.

À court terme, l’écosystème local se retrouve avec un risque de décrochage. D’abord, les compétences industrielles se dispersent. Ensuite, les sous-traitants perdent de la visibilité. Enfin, l’attractivité de la plateforme pour de nouveaux projets diminue si les utilités et les flux intermédiaires ne sont plus sécurisés.

À moyen terme, l’enjeu pour les ETI est clair : réussir à reconstruire des modèles économiques autour d’actifs de base, parfois jugés « trop lourds » ou « trop réglementés », mais indispensables à des filières entières. La question n’est pas seulement financière. Elle est aussi juridique et opérationnelle : comment céder, maintenir et exploiter des infrastructures critiques dans des calendriers compatibles avec l’industrie.

Dans l’immédiat, le territoire perd une option de redémarrage qui visait explicitement la réindustrialisation et l’emploi. Et, pour de nombreuses ETI clientes ou voisines, l’incertitude sur la disponibilité locale de ces produits de base reste entière.

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