Crédit Agricole 15,58 € +3,73 % Air Liquide 186,82 € +2,33 % Airbus 199,00 € +2,94 % Alstom 11,25 € +1,12 % Danone 67,42 € +2,12 % BNP Paribas 92,06 € +5,08 % Carrefour 13,40 € +2,45 % Capgemini 128,50 € +2,64 % AXA 44,61 € +3,62 % Vinci 111,40 € +2,39 % Dassault Systèmes 25,53 € +2,20 % Edenred 24,70 € +3,13 % EssilorLuxottica 186,65 € +1,30 % Bouygues 41,92 € +2,17 % Engie 24,03 € +3,04 % Eurofins Scientific 88,50 € +1,44 % Société Générale 64,40 € +4,63 % Thales 227,50 € -2,36 % Kering 190,26 € +5,56 % Legrand 131,50 € -1,72 % LVMH 412,75 € +2,80 % Michelin 33,45 € +3,15 % ArcelorMittal — L'Oréal 445,05 € +2,85 % Orange 15,07 € +2,48 % Publicis 103,95 € +2,77 % Pernod Ricard 69,54 € +1,88 % Hermès International 1 357,50 € +3,43 % Renault 28,18 € +3,45 % Safran 294,80 € +3,44 % Sanofi 83,23 € +2,78 % Saint-Gobain 72,50 € +3,10 % Stellantis 4,05 € -0,91 % STMicroelectronics 42,44 € -1,54 % Schneider Electric 235,95 € -1,59 % Teleperformance 81,94 € +1,19 % TotalEnergies 83,05 € +0,41 % Unibail-Rodamco 93,60 € +1,52 % Veolia 33,63 € +2,06 % Worldline 11,13 € +3,75 %
Économie

Recrutement des dirigeants du CAC 40 : la France reste le pays des carrières internes longues, au détriment de l’ouverture européenne

eti_news ·

En France, l’accès au poste de directeur général d’une très grande entreprise passe encore majoritairement par une longue carrière interne, selon l’édition 2026 de l’étude « Route to the Top » de Heidrick & Struggles.

Un « paradoxe français » : la continuité interne, plus forte qu’ailleurs en Europe

L’étude dresse un portrait récurrent du directeur général de très grand groupe en France. Il s’agit le plus souvent d’un homme, souvent de nationalité française, diplômé d’un établissement très sélectif et promu après un parcours long dans l’entreprise.

Le document met en avant un âge moyen d’environ 59 ans pour les dirigeants observés. Par ailleurs, la nomination intervient autour de 51 ans, un niveau proche de la moyenne européenne, elle aussi située à 51 ans.

La différence se joue surtout sur l’origine de la nomination. En France, 80 % des directeurs généraux sont recrutés en interne, contre 60 % en moyenne en Europe. De plus, cet écart s’est accentué depuis 2020 : avant la crise du Covid, la part des nominations internes était estimée à 70 %.

Cette préférence s’accompagne d’une ancienneté plus longue dans l’organisation. En France, la durée moyenne de carrière interne avant d’accéder au poste atteint 14,5 ans. À l’échelle européenne, la moyenne ressort à 9,2 ans.

Expérience opérationnelle et ancrage sectoriel : des critères plus valorisés que la voie financière

En France, la progression vers le sommet passe moins souvent par la direction financière qu’au Royaume-Uni ou en Irlande. Les parcours jugés les plus probants mettent davantage en avant des responsabilités opérationnelles.

La direction d’une filiale ou d’une division, et plus largement les expériences de terrain, apparaissent comme des accélérateurs de carrière. De même, l’étude souligne une valorisation des trajectoires cohérentes, construites dans un même secteur sur la durée.

La nationalité reste un marqueur distinctif. Seuls 18 % des patrons du CAC 40 n’ont pas la nationalité française, contre 30 % en moyenne européenne. En Allemagne, cette proportion monte à 36 %.

Plusieurs facteurs sont mis en avant pour expliquer cette spécificité. D’une part, une part importante des conseils d’administration conserve le français comme langue de travail. D’autre part, la proximité avec la sphère publique est mentionnée comme un élément structurant de l’écosystème de gouvernance.

Belén Garijo à la tête de Sanofi : une exception récente qui illustre l’ouverture contrainte

La nomination la plus récente citée comme exception est celle de l’Espagnole Belén Garijo, arrivée fin avril 2026 à la tête de Sanofi. Son profil s’écarte du modèle dominant, à la fois par sa nationalité et par son âge : elle a 65 ans au moment de sa prise de fonction.

Cette arrivée s’inscrit dans une séquence où le groupe pharmaceutique a déjà confié sa direction à des profils non français. Belén Garijo succède à Paul Hudson, de nationalité britannique, lui-même précédé par Christopher Viehbacher, de nationalité germano-canadienne.

L’étude relie cette ouverture à un contexte d’innovation jugé insuffisant, qui a conduit l’entreprise à élargir son vivier de recrutement.

Belén Garijo rejoint aussi un cercle encore étroit. Elle devient la cinquième femme à diriger une entreprise du CAC 40. Son parcours comporte également une première notable : elle a été la première femme à diriger une entreprise de l’indice DAX 40, en l’occurrence Merck.

Féminisation : une progression mesurée, soutenue par la loi Rixain

Avec l’arrivée de Belén Garijo, la part de femmes à la tête des entreprises du CAC 40 atteint 12,5 %, selon les éléments cités. Le même document indique un niveau de 8 % pour les autres pays européens.

La progression reste lente, mais elle s’inscrit dans un cadre réglementaire appelé à peser davantage. La loi Rixain prévoit un quota de 40 % de femmes dans les entreprises de plus de 1 000 salariés à l’horizon 2030.

Au total, l’étude résume la singularité française par une donnée simple : en moyenne, il faut 14,5 ans de trajectoire interne pour « fabriquer » un dirigeant au plus haut niveau. Ce temps long vaut désormais aussi pour les futures dirigeantes.

Votre réaction sur cet article ?

Laisser un commentaire

Réagir

Les champs marqués d'un * sont obligatoires. Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.