Crédit Agricole 18,21 € +0,11 % Air Liquide 165,22 € +1,26 % Airbus 194,78 € +0,72 % Alstom 14,96 € -2,13 % Danone 60,26 € -0,46 % BNP Paribas 101,10 € +0,36 % Carrefour 16,44 € 0,00 % Capgemini 105,50 € +1,10 % AXA 44,84 € +0,25 % Vinci 111,95 € +1,04 % Dassault Systèmes 20,90 € +1,65 % Edenred 27,80 € -2,04 % EssilorLuxottica 141,25 € +1,62 % Bouygues 43,49 € +0,25 % Engie 23,69 € -1,41 % Eurofins Scientific 78,06 € +2,12 % Société Générale 73,87 € +1,76 % Thales 236,70 € -0,63 % Kering 228,65 € -1,87 % Legrand 138,85 € +2,25 % LVMH 405,50 € +0,67 % Michelin 33,35 € +0,82 % ArcelorMittal L'Oréal 383,80 € +2,06 % Orange 15,02 € -0,10 % Publicis 97,42 € -0,10 % Pernod Ricard 59,64 € +0,34 % Hermès International 1 344,00 € +0,94 % Renault 27,07 € -1,24 % Safran 330,70 € +2,38 % Sanofi 74,59 € +0,73 % Saint-Gobain 70,10 € +1,42 % Stellantis 4,23 € +0,75 % STMicroelectronics 44,65 € +2,75 % Schneider Electric 295,00 € +3,24 % Teleperformance 69,92 € +0,29 % TotalEnergies 78,56 € -0,96 % Unibail-Rodamco 93,50 € +0,41 % Veolia 31,60 € -0,44 % Worldline 12,00 € -4,20 %
Économie

Fibre Excellence : le prêt public sécurise trois mois pour bâtir une reprise industrielle à 90 millions d’euros

eti_news ·

Le prêt public de 2 millions d’euros accordé à Fibre Excellence Saint-Gaudens ne finance pas une relance. Il achète du temps. Pour l’usine de pâte à papier de Haute-Garonne, placée en redressement judiciaire, ce financement doit préserver l’activité pendant la finalisation d’une offre de reprise industrielle.

L’enjeu dépasse les quelque 270 emplois directs du site. Saint-Gaudens constitue un maillon industriel de la filière forêt-bois et de la transformation de la cellulose. Sa disparition fragiliserait aussi des sous-traitants, des transporteurs et les fournisseurs de bois du territoire.

Un prêt relais pour sécuriser trois mois décisifs

Un arrêté relatif au prêt FDES accordé à Fibre Excellence Saint-Gaudens, signé le 18 septembre, prévoit le versement de 2 millions d’euros à la société. Bpifrance Assurance Export réalise l’opération pour le compte de l’État.

Le financement relève du Fonds de développement économique et social, ou FDES. Cet outil intervient dans des situations de restructuration, lorsque l’entreprise présente une perspective crédible de redressement. Il ne se substitue donc ni aux capitaux propres des repreneurs ni à un financement bancaire complet.

Le calendrier judiciaire explique l’urgence. Le tribunal de commerce de Toulouse a autorisé la poursuite de l’activité jusqu’au 15 décembre. Les candidats à la reprise doivent déposer leur offre avant le 22 octobre à midi. Une audience est ensuite attendue au début de novembre.

Ce prêt couvre la première phase du sursis accordé au site. La région Occitanie a, de son côté, annoncé 3,5 millions d’euros pour contribuer à la continuité d’exploitation entre octobre et la mi-décembre. Le calendrier présenté par la région Occitanie confirme que l’objectif reste la consolidation d’une offre, et non une prolongation sans échéance.

Un projet de reprise à 90 millions d’euros

Le besoin de financement est sans commune mesure avec le prêt relais. Près de 90 millions d’euros seraient nécessaires pour remettre durablement l’usine sur une trajectoire industrielle. Le site dispose d’une capacité d’environ 280 000 tonnes de pâte à papier par an.

Le montage en préparation réunit l’Agence régionale des investissements stratégiques d’Occitanie, Soprema et plusieurs partenaires publics ou privés. Soprema apporte une stature industrielle et financière utile. Toutefois, le spécialiste de l’étanchéité et de l’isolation ne possède pas le métier d’opérateur papetier.

La présence d’un industriel maîtrisant la production de cellulose apparaît donc centrale. Un groupe portugais du secteur a été évoqué parmi les partenaires potentiels. À ce stade, sa participation effective devra être formalisée dans l’offre déposée au tribunal.

Le plan évoqué comprendrait les actifs industriels du site, valorisés à 25 millions d’euros, des abandons de créances et des offres de prêts pouvant atteindre 30 millions d’euros. La région Occitanie envisage aussi une mobilisation totale de 13 millions d’euros. Le département de la Haute-Garonne et Alliance Bois figurent parmi les contributeurs attendus.

Cette structure de financement illustre la difficulté des reprises d’industries de process. La valeur des actifs ne suffit pas. Le repreneur doit financer le besoin en fonds de roulement, les investissements de fiabilisation, l’approvisionnement en bois et le redémarrage commercial. Il doit aussi démontrer sa capacité à absorber la volatilité des prix de l’énergie et de la pâte.

Un test pour la souveraineté industrielle locale

Fibre Excellence Saint-Gaudens est le dernier producteur français de pâte à papier. Ce positionnement confère au dossier une dimension stratégique. La pâte constitue un intrant pour de nombreuses chaînes de valeur, tandis que l’usine soutient une activité économique diffuse dans le Comminges et au-delà.

Pour les ETI industrielles, le cas de Saint-Gaudens rappelle une réalité concrète. La sauvegarde d’un actif productif exige un investisseur capable de combiner expertise métier, fonds propres patients et gouvernance opérationnelle. Les aides publiques peuvent sécuriser une transition. Elles ne peuvent pas, seules, restaurer une compétitivité durable.

Le précédent de Tarascon renforce cette exigence. L’autre site du groupe Fibre Excellence a été placé en liquidation judiciaire le 30 juillet. La reprise de Saint-Gaudens doit donc s’appuyer sur un projet autonome, avec des débouchés commerciaux, une chaîne d’approvisionnement sécurisée et un exploitant identifié.

Les pouvoirs publics ont fixé une première échéance au 30 septembre. Les porteurs du projet doivent préciser la disponibilité des fonds, le niveau des capitaux propres, les besoins de trésorerie, les investissements industriels, les emplois maintenus et le calendrier de redémarrage.

La preuve par le financement et l’exécution

Les prochaines semaines départageront un projet de sauvetage territorial d’une reprise véritablement finançable. Le dépôt d’une offre complète le 22 octobre constituera le premier test. La qualité du tour de table et l’engagement de l’opérateur industriel seront déterminants.

Pour Saint-Gaudens, les 2 millions d’euros du FDES constituent donc une assurance de continuité à très court terme. La décision structurante reste à venir : réunir les 90 millions d’euros, bâtir une gouvernance industrielle crédible et démontrer que l’usine peut retrouver une exploitation rentable.

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