Crédit Agricole 18,19 € -2,23 % Air Liquide 163,16 € -1,26 % Airbus 193,38 € -1,08 % Alstom 15,28 € -2,64 % Danone 60,54 € -1,37 % BNP Paribas 100,74 € -2,93 % Carrefour 16,44 € -2,23 % Capgemini 104,35 € -2,57 % AXA 44,73 € -0,73 % Vinci 110,80 € -1,86 % Dassault Systèmes 20,56 € -0,10 % Edenred 28,38 € -2,54 % EssilorLuxottica 139,00 € -1,73 % Bouygues 43,38 € -3,28 % Engie 24,03 € -0,91 % Eurofins Scientific 76,44 € -0,57 % Société Générale 72,59 € -2,12 % Thales 238,20 € -0,04 % Kering 233,00 € -2,75 % Legrand 135,80 € -0,37 % LVMH 402,80 € -2,30 % Michelin 33,08 € -1,37 % ArcelorMittal L'Oréal 376,05 € -1,07 % Orange 15,03 € -5,83 % Publicis 97,52 € 0,00 % Pernod Ricard 59,44 € -1,13 % Hermès International 1 331,50 € -3,16 % Renault 27,41 € -5,32 % Safran 323,00 € -2,59 % Sanofi 74,05 € -1,61 % Saint-Gobain 69,12 € -1,73 % Stellantis 4,20 € -5,43 % STMicroelectronics 43,46 € +2,39 % Schneider Electric 285,75 € -0,47 % Teleperformance 69,72 € -0,37 % TotalEnergies 79,32 € -0,39 % Unibail-Rodamco 93,12 € -1,34 % Veolia 31,74 € -1,15 % Worldline 12,53 € -7,06 %
Économie

Bruxelles veut retenir l’aluminium recyclé en Europe et accélérer les investissements des industriels dans la circularité

eti_news ·

L’Union européenne veut retenir davantage d’aluminium recyclé sur son marché. L’enjeu est industriel : en 2024, les exportations européennes de déchets et ferrailles d’aluminium ont atteint environ 1,2 million de tonnes, soit 66 % de plus qu’en 2014.

Bruxelles prépare désormais une interdiction des expéditions vers les pays non membres de l’OCDE. Cette voie remplacerait un projet d’outil commercial jugé trop limité. Pour les ETI françaises de la fonderie, du recyclage et de la transformation, la décision peut modifier l’accès à une matière première décisive.

La ferraille d’aluminium devient un actif industriel

L’aluminium recyclé n’est plus un simple sous-produit de la collecte. C’est une matière secondaire qui conditionne la compétitivité de nombreuses chaînes de valeur : emballage, automobile, bâtiment, aéronautique et équipements industriels.

Son principal avantage est énergétique. Selon l’organisation professionnelle European Aluminium, le recyclage requiert environ 5 % de l’énergie nécessaire à la production d’aluminium primaire. Il réduit donc fortement l’empreinte carbone associée au métal.

Or l’Europe laisse sortir une partie importante de cette ressource. Les données commerciales recensent 1,26 million de tonnes exportées par l’Union en 2024. L’Inde a absorbé à elle seule environ 345 000 tonnes, devant la Thaïlande et la Malaisie.

La logique économique est simple. Les acheteurs asiatiques proposent souvent des prix supérieurs à ceux observés sur le marché européen. Les collecteurs et négociants y trouvent un débouché rémunérateur. En revanche, les affineurs et producteurs européens voient leur approvisionnement se tendre.

Bruxelles change de levier réglementaire

La Commission européenne avait envisagé de mobiliser un instrument de politique commerciale. Cette option aurait toutefois couvert seulement une partie des flux. L’exécutif européen étudie donc un acte délégué fondé sur le règlement relatif aux transferts de déchets.

Le dispositif annoncé viserait à interdire les exportations de déchets, dont les ferrailles d’aluminium, vers les pays hors OCDE. Certains pays candidats à l’adhésion à l’Union européenne pourraient rester exclus de cette interdiction.

Cette architecture modifierait directement les flux à destination de l’Inde, qui ne fait pas partie de l’OCDE. Le projet doit encore être soumis à consultation publique, puis adopté. Il ne constitue donc pas, à ce stade, une interdiction entrée en vigueur.

Le choix du règlement sur les transferts de déchets s’inscrit dans une évolution plus large. Le nouveau cadre européen renforce déjà le contrôle des exportations de déchets vers les pays tiers. À compter du 21 mai 2027, les exportations de déchets non dangereux vers les pays non membres de l’OCDE seront en principe interdites, sous réserve d’exceptions encadrées.

Pour l’aluminium, Bruxelles cherche ainsi à accélérer la sécurisation des gisements européens. La mesure relève autant de la politique industrielle que de la politique environnementale.

Un arbitrage sensible pour les ETI du recyclage

Les ETI françaises sont présentes à chaque étape de la chaîne : tri, préparation des métaux, broyage, affinage, fonderie sous pression et fabrication de produits semi-finis. Leur intérêt commun est une meilleure disponibilité de métal recyclé. Pourtant, leurs modèles économiques ne sont pas identiques.

Les recycleurs exportateurs pourraient perdre une partie de leurs débouchés les mieux valorisés. Une fermeture rapide des marchés non OCDE risque aussi de peser sur les prix d’achat de certaines qualités de ferrailles. La transition devra donc préserver les capacités de collecte et de tri.

À l’inverse, les affineurs et transformateurs européens pourraient bénéficier d’une offre locale plus abondante. Cette évolution favoriserait les investissements dans les fours, le traitement des alliages complexes et la séparation des flux. Elle renforcerait aussi la visibilité des approvisionnements pour les donneurs d’ordres.

La question de la qualité restera centrale. Toutes les ferrailles ne se substituent pas à l’aluminium primaire. Les alliages destinés à l’automobile ou à l’aéronautique exigent des compositions précises. Conserver davantage de volumes en Europe ne suffira donc pas sans investissements dans le tri avancé et le raffinage.

Vers une circularité plus territorialisée

La future mesure pourrait encourager un mouvement de relocalisation industrielle. Elle donnerait un signal aux entreprises qui hésitent à financer de nouvelles capacités de recyclage. Pour une ETI, cet effet dépendra néanmoins de trois facteurs : le niveau réel des volumes disponibles, l’évolution des prix et la stabilité des règles.

Le débat ne se limite pas à la protection d’un marché européen. Il porte sur la capacité de l’industrie à conserver sur le continent une matière déjà collectée, déjà triée et nettement moins carbonée que le métal primaire.

La consultation publique devra clarifier le périmètre des déchets concernés, les dérogations éventuelles et le calendrier d’application. Pour les industriels français, la prochaine étape sera de transformer ce verrou réglementaire potentiel en avantage opérationnel : davantage de collecte, plus de qualité matière et des capacités de recyclage à l’échelle des besoins européens.

Votre réaction sur cet article ?

Laisser un commentaire

Réagir

Les champs marqués d'un * sont obligatoires. Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.