Crédit Agricole 18,19 € -2,23 % Air Liquide 163,16 € -1,26 % Airbus 193,38 € -1,08 % Alstom 15,28 € -2,64 % Danone 60,54 € -1,37 % BNP Paribas 100,74 € -2,93 % Carrefour 16,44 € -2,23 % Capgemini 104,35 € -2,57 % AXA 44,73 € -0,73 % Vinci 110,80 € -1,86 % Dassault Systèmes 20,56 € -0,10 % Edenred 28,38 € -2,54 % EssilorLuxottica 139,00 € -1,73 % Bouygues 43,38 € -3,28 % Engie 24,03 € -0,91 % Eurofins Scientific 76,44 € -0,57 % Société Générale 72,59 € -2,12 % Thales 238,20 € -0,04 % Kering 233,00 € -2,75 % Legrand 135,80 € -0,37 % LVMH 402,80 € -2,30 % Michelin 33,08 € -1,37 % ArcelorMittal L'Oréal 376,05 € -1,07 % Orange 15,03 € -5,83 % Publicis 97,52 € 0,00 % Pernod Ricard 59,44 € -1,13 % Hermès International 1 331,50 € -3,16 % Renault 27,41 € -5,32 % Safran 323,00 € -2,59 % Sanofi 74,05 € -1,61 % Saint-Gobain 69,12 € -1,73 % Stellantis 4,20 € -5,43 % STMicroelectronics 43,46 € +2,39 % Schneider Electric 285,75 € -0,47 % Teleperformance 69,72 € -0,37 % TotalEnergies 79,32 € -0,39 % Unibail-Rodamco 93,12 € -1,34 % Veolia 31,74 € -1,15 % Worldline 12,53 € -7,06 %
Industrie

Porte-avions indonésien : pourquoi la modernisation navale ouvre un marché stratégique aux ETI françaises

eti_news ·

Un porte-avions de 180 mètres, retiré du service italien en 2024, vient d’entrer dans l’équation navale indonésienne. Au-delà du symbole militaire, son transfert ouvre un marché durable de modernisation, de maintenance et de formation dans le premier pays d’Asie du Sud-Est.

L’ancien Giuseppe Garibaldi est arrivé à Jakarta le 18 septembre. Il doit être officiellement transféré à la marine indonésienne le 24 septembre et prendre le nom de KRI Sriwijaya. L’Indonésie devient ainsi le deuxième pays d’Asie du Sud-Est à exploiter un porte-avions, après la Thaïlande.

Une plateforme militaire pensée aussi pour les crises civiles

Jakarta ne présente pas le navire comme un outil de projection classique. La priorité affichée porte sur les opérations militaires autres que le combat, les secours et la réponse aux catastrophes naturelles.

L’argument est géographique. L’Indonésie est un archipel de plusieurs milliers d’îles, exposé aux séismes, aux éruptions volcaniques, aux inondations et aux feux de forêt. Dans ce contexte, un bâtiment doté d’un vaste pont d’envol peut rapprocher hélicoptères, drones, équipes médicales et matériels logistiques de zones difficiles d’accès.

Le chef d’état-major de la marine, Muhammad Ali, a souligné le besoin d’une plateforme capable d’embarquer un grand nombre d’hélicoptères afin d’acheminer rapidement des équipements vers les territoires isolés. Le bâtiment peut transporter jusqu’à 18 hélicoptères et accueillir jusqu’à 830 personnes.

Cette vocation duale ne supprime pas sa dimension stratégique. La présidence indonésienne prévoit une remise à niveau du navire pour opérer des hélicoptères et des drones. Le porte-avions pourra également soutenir des opérations de surveillance maritime et, si nécessaire, des missions de combat.

Le coût complet, premier test de crédibilité du programme

Le transfert d’un navire ancien réduit le ticket d’entrée. En revanche, il ne règle pas l’essentiel de l’équation économique : retrofit, maintien en condition opérationnelle, carburant, équipages, pièces détachées, infrastructures portuaires et entraînement aéronaval.

Le ministère indonésien des Finances a approuvé 450 millions de dollars de financement pour ce programme en 2025. Des parlementaires ont toutefois estimé que la seule modernisation pourrait atteindre 16 000 milliards de roupies, soit environ 900 millions de dollars. Ces montants illustrent l’écart entre le coût d’acquisition d’un actif existant et celui de sa mise en service réelle.

Le navire, âgé de 41 ans, devrait encore pouvoir servir entre 15 et 20 ans selon la marine indonésienne. Cette durée suppose néanmoins une politique de maintenance structurée. Elle implique des contrats longs, des capacités locales de réparation et une disponibilité sécurisée des équipements critiques.

Pour les ETI françaises de la défense, le sujet dépasse donc largement la coque elle-même. Les opportunités se situent dans les systèmes embarqués, les communications sécurisées, l’électronique, les équipements de pont, la logistique, la formation et les services de soutien. Les donneurs d’ordre recherchent aussi des partenaires capables de transférer des compétences sans perdre la maîtrise des technologies sensibles.

L’Indonésie consolide une stratégie d’autonomie industrielle

Le KRI Sriwijaya s’inscrit dans une séquence d’équipement plus large. Jakarta a signé en 2022 un contrat de 8,1 milliards de dollars pour 42 avions Rafale français. Les six premiers appareils ont été livrés en mai.

Surtout, l’Indonésie a choisi Naval Group et le chantier PT PAL pour deux sous-marins Scorpène Evolved à batteries lithium-ion. Le contrat prévoit une construction à Surabaya et un transfert de savoir-faire. Cette architecture industrielle répond à un objectif clair : renforcer les capacités navales tout en développant une base locale de production, d’intégration et de maintenance.

Pour les entreprises françaises, l’enjeu est de s’insérer dans cette logique de partenariat industriel. Un contrat export ne se limite plus à la fourniture d’un équipement. Il combine ingénierie, coopération avec le chantier local, formation des techniciens, gestion du cycle de vie et parfois création de capacités de maintenance sur place.

Cette évolution favorise les ETI disposant d’une expertise de niche et d’une offre export mature. Elles doivent toutefois être en mesure d’accompagner des projets longs, de sécuriser leur chaîne d’approvisionnement et de répondre aux exigences de souveraineté du client.

Un marché indo-pacifique plus concurrentiel pour la filière française

L’Indonésie multiplie les partenariats. Les Etats-Unis et Jakarta ont établi en avril un partenariat majeur de coopération de défense. Celui-ci couvre notamment la modernisation, la formation, les exercices et les capacités maritimes, sous-marines et autonomes.

Dans le même temps, l’Italie renforce sa présence industrielle et navale dans le pays. Le transfert de l’ancien porte-avions participe à cette stratégie, tandis que l’Indonésie a aussi acquis des frégates italiennes. La compétition porte désormais sur les plateformes, mais aussi sur l’accès aux marchés de soutien et de modernisation.

La France dispose déjà d’un point d’ancrage avec le programme Scorpène et les Rafale. Sa capacité à transformer ces succès en coopérations de long terme sera décisive. Dans un marché où les Etats clients privilégient la localisation, les ETI françaises devront proposer plus qu’un produit : une contribution démontrable à l’autonomie industrielle du partenaire.

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