L’ESCP prépare 320 millions d’euros d’investissements et vise 12 000 étudiants d’ici 2030 malgré le départ de Léon Laulusa
Léon Laulusa quittera la direction générale de l’ESCP Business School, trois ans après sa nomination, alors qu’il portait un plan stratégique sur cinq ans présenté en juin 2025.
Une sortie annoncée après trois ans à la tête de l’école
Le dirigeant restera en fonction jusqu’au 10 juin, date à laquelle il doit dévoiler les contours de l’ESCP School of Technology.
Ensuite, il quittera son poste « pour poursuivre un nouveau projet », selon la formulation communiquée par l’établissement.
Nommé en 2023 pour succéder à Frank Bournois, Léon Laulusa a accéléré plusieurs chantiers, dont le développement du bachelor.
À la rentrée, ce programme post-bac a dépassé 3 100 élèves.
Le coût annoncé pour ce cursus est de 56 100 euros pour trois ans de scolarité.
Parcours : de l’audit à la direction générale
Léon Laulusa, 58 ans, est passé par Deloitte comme auditeur au début de sa carrière.
Il a ensuite rejoint l’ESCP comme professeur de comptabilité, il y a près de trois décennies, avant d’en prendre la direction générale en 2023.
Dans sa feuille de route, il défendait une ambition claire : faire évoluer l’école « de l’une des meilleures écoles de commerce européennes à l’une des meilleures universités européennes de management ».
Cette orientation s’appuyait aussi sur une réalité statutaire : l’ESCP dispose du statut d’université en Allemagne et en Italie, où l’école est implantée.
Contexte : un plan d’investissement de 320 millions d’euros sur cinq ans
Le plan stratégique présenté en juin 2025 prévoyait un programme d’investissements de 320 millions d’euros sur cinq ans.
Parmi les opérations citées figurait la rénovation complète du bâtiment principal, avenue de la République, dans le 11e arrondissement de Paris.
Deux nouvelles entités académiques devaient compléter l’école de management.
D’abord, l’ESCP School of Technology, annoncée pour 2027, avec un objectif de 1 000 étudiants et 55 professeurs.
Le projet mettait en avant des enseignements autour de l’intelligence artificielle, du big data et de la cybersécurité.
Ensuite, à partir de 2029, l’ESCP School of Governance devait proposer des cours de géopolitique et de droit international.
Enjeux : continuité du plan, succession et positionnement international
À l’horizon 2030, l’équipe de direction visait un budget annuel de 300 millions d’euros, soit une progression annoncée de 50 %.
L’objectif affiché portait aussi sur 12 000 étudiants, dont deux tiers d’internationaux.
La stratégie s’inscrivait dans le modèle multicampus européen de l’ESCP, avec des implantations au Royaume-Uni, en Espagne et en Pologne, en plus de l’Allemagne et de l’Italie.
Sur le volet réputation, l’école a été classée 6e mondiale pour les programmes de formation continue sur mesure dans un classement publié le 18 mai, soit quatre places gagnées par rapport à 2025.
Par ailleurs, le master en finance de l’ESCP était présenté comme numéro un mondial depuis trois ans dans un classement international.
Dans ce contexte, le conseil d’administration de l’ESCP a indiqué avoir initié un processus de sélection pour désigner un successeur.
De son côté, Léon Laulusa doit préciser prochainement son projet professionnel dans l’enseignement supérieur, avec une piste évoquée vers la China Europe International Business School (Ceibs) à Shanghai.
Jusqu’au 10 juin, son dernier rendez-vous public à la tête de l’établissement doit donc porter sur la première brique opérationnelle du plan : la future School of Technology.

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