Les vins de Loire battent un record export en 2025 et montrent comment une filière peut gagner des parts de marché malgré le recul français
En 2025, les vins de Loire ont franchi un cap rare dans le vin français : ils progressent à l’export, en volume et en valeur, alors que le marché national recule.
Avec près de 210 millions d’euros de chiffre d’affaires international (+4,9%) et plus de 410 000 hectolitres expédiés (+4,3%), la filière signe un record en valeur et s’approche de ses plus hauts historiques en volume.
Un marché export plus heurté, mais des poches de croissance
L’environnement 2025 reste instable pour les exportateurs. Les tensions commerciales, la volatilité des devises et une demande moins dynamique sur certains grands marchés pèsent sur les expéditions.
À l’échelle française, les exportations de vin reculent en 2025 : -4% en valeur et -3% en volume. Dans ce contexte, la Loire fait figure d’exception parmi les grandes régions viticoles en combinant hausse des volumes et création de valeur.
La dynamique ligérienne s’explique aussi par une exposition large. Les vins de Loire sont présents sur plus de 170 marchés. Cette dispersion réduit le risque de dépendance à un seul pays, même si quelques débouchés restent déterminants.
Les faits 2025 : record en valeur, deuxième meilleure année en volume
Selon les chiffres publiés par InterLoire, le vignoble ligérien, qui regroupe environ 2 200 exploitations viticoles, réalise en 2025 sa meilleure année à l’export en valeur.
Les expéditions dépassent 410 000 hectolitres, en hausse de 4,3% sur un an. Le niveau est proche du record observé en 2021.
En valeur, la barre des 210 millions d’euros est atteinte, en progression de 4,9%. Il s’agit d’un plus haut sur vingt-cinq ans pour la filière.
Autre indicateur stratégique : l’export représente 24% des volumes commercialisés. Autrement dit, près d’une bouteille de vin de Loire sur quatre est consommée hors de France.
Dans le même temps, la Loire gagne 0,4 point de parts de marché, à 4,8% des exportations françaises de vin, d’après InterLoire.
Enfin, la valeur exportée reste concentrée. L’Allemagne, les États-Unis et le Royaume-Uni pèsent à eux seuls près de la moitié du chiffre d’affaires. L’Allemagne s’affirme comme premier débouché, en valeur comme en volume.
Lecture ETI : une performance de filière, portée par l’exécution commerciale
Pour les ETI du vin et des spiritueux, et plus largement pour le Mittelstand agroalimentaire, le signal est clair : la croissance export ne dépend pas seulement de la conjoncture, mais de la capacité à exécuter un plan de marché.
La Loire avance avec une trajectoire explicite. Le Plan Loire 2030 fixe un objectif de 30% des sorties de chais à l’export à horizon 2030. L’écart à combler reste de six points, mais la marche paraît moins haute après l’exercice 2025.
La progression dans 16 des 20 principaux marchés cités par l’interprofession indique un point clé pour des ETI : la performance n’est pas uniquement tirée par un pays “locomotive”. Elle repose aussi sur un portefeuille où des marchés nordiques et d’Europe du Nord (Suède, Pays-Bas, Norvège, Finlande) contribuent à lisser les cycles.
Cette logique de diversification est un avantage structurel. Pour une ETI, elle limite l’impact d’un choc réglementaire, d’une taxe, ou d’un ralentissement brutal d’un importateur majeur.
En revanche, la concentration de près de la moitié du chiffre d’affaires sur trois pays rappelle un risque classique : le pilotage du mix géographique devient un sujet de gouvernance commerciale, au même titre que le pricing ou la politique d’allocation des volumes.
Perspectives : cap 2030, arbitrages de mix et montée en valeur
La question pour 2026-2030 n’est plus seulement de “vendre plus”, mais de vendre mieux. Le record en valeur de 2025 crée une référence utile pour piloter la montée en gamme, la segmentation par circuits et la discipline de prix.
Ensuite, l’enjeu est industriel et organisationnel. Avec environ 2 200 exploitations, l’accès aux marchés lointains repose souvent sur des structures de commercialisation, des partenariats, et une capacité à tenir les exigences logistiques et qualitatives des importateurs.
Enfin, la filière devra maintenir son effort de présence marché. Être actif sur plus de 170 destinations n’a de valeur que si l’animation commerciale suit. Pour les ETI du secteur, cela se traduit par des investissements continus : équipes export, conformité, marketing, et sécurisation des flux.
Si la tendance 2025 se confirme, la Loire peut consolider un positionnement de “croissance défensive” à l’export. Dans une période où les exportations françaises de vin reculent, ce type de performance devient un avantage compétitif, mais aussi un standard attendu par les financeurs et les partenaires de distribution.

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