Fibre Excellence sous pression : 670 emplois, 550 000 tonnes de capacité et un arbitrage décisif sur la reprise industrielle
Avec 550 00 tonnes de capacit e9 annuelle et 670 salari e9s, Fibre Excellence p e8se lourd dans une fili e8re papier fran e7aise d e9j e0 sous tension. Depuis avril 2026, l e9quation est binaire : red e9marrer ou basculer vers une liquidation judiciaire.
Les deux usines, e0 Saint-Gaudens et e0 Tarascon, sont e0 l e0arr eat. Pourtant, autour du dossier, les initiatives se multiplient entre pouvoirs publics, r e9gions et partenaires sociaux, dans l e9objectif de maintenir un outil industriel jug e9 strat e9gique.
Un secteur papier fragilis e9, un actif industriel rare
La p e2te e0 papier marchande reste un maillon cl e9 de la cha eene de valeur : elle alimente l e9hygi e8ne, l e9emballage et certains papiers graphiques. En France, Fibre Excellence occupe une place singuli e8re : le groupe se pr e9sente comme le seul producteur national de p e2te marchande, avec deux sites dans le sud du pays.
Cette raret e9 industrielle change la lecture du dossier pour les ETI et les sous-traitants. Quand un site de p e2te e0 papier s e9arr eate, l e9impact d e9borde vite le p e9rim e8tre de l e9entreprise : achats bois, logistique, maintenance industrielle, chimie de proc e9d e9, prestataires e9nergie et tissu de PME locales se retrouvent expos e9s.
De plus, la question du co fbt e9nerg e9tique p e8se structurellement sur ces unit e9s. L e9activit e9 est capitalistique, gourmande en vapeur et en e9lectricit e9, avec des besoins de continuit e9 de production. Dans ce contexte, toute rupture de tr e9sorerie se transforme rapidement en crise op e9rationnelle.
Les faits : redressement judiciaire, usines e0 l e0arr eat et e9ch e9ance du 3 juin
Fibre Excellence est en redressement judiciaire depuis avril 2026. Les deux usines fran e7aises, e0 Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et e0 Tarascon (Bouches-du-Rh f4ne), sont actuellement e0 l e0arr eat. L e9ensemble affiche une capacit e9 de production de 550 00 tonnes par an de p e2te e0 papier marchande.
Une premi e8re audience d e9 e9tape est fix e9e au 3 juin 2026 au tribunal de commerce de Toulouse, dans le cadre d e9une p e9riode d e9observation annonc e9e e0 six mois. Cette e9ch e9ance doit permettre de faire un point sur la situation, notamment de tr e9sorerie.
Sur le volet social, les deux sites emploient 670 salari e9s. Les organisations syndicales ont alert e9, dans un communiqu e9 dat e9 du 20 mai, sur ab l e9extr eame gravit e9 de la situation industrielle et sociale bb et sur un ab risque de liquidation judiciaire d e9sormais r e9el bb. C e9dric Caub e8re, secr e9taire g e9n e9ral de la CGT Haute-Garonne, parle d ab catastrophe absolue bb en cas de disparition de l e9entreprise.
En parall e8le, un calendrier politique et institutionnel s e9est enclench e9. Une table ronde s e9est tenue e0 Bercy le 20 mai avec S e9bastien Martin, ministre d e9l e9gu e9 charg e9 de l e9Industrie. Un rassemblement de soutien s e9est aussi tenu le jeudi 21 mai au parc des expositions de Villeneuve-de-Rivi e8re.
Plusieurs engagements financiers ont e9merg e9 des e9changes, dont une revalorisation de 20 % du prix d e9achat de l e9 e9lectricit e9 verte et un plan d e9investissements annonc e9 e0 150 millions d e9euros. Les discussions doivent se poursuivre dans les prochains jours.
Analyse : ce que le dossier dit aux ETI industrielles
Pour les ETI, le cas Fibre Excellence illustre d e9abord un point de m e9thode : dans l e9industrie lourde, le redressement judiciaire n e9est pas seulement une question de bilan. C e9est une course contre la montre o f9 l e9arr eat des lignes d e9grade l e9outil, rench e9rit le red e9marrage et fragilise la relation client.
Ensuite, le dossier met en lumi e8re la d e9pendance e0 des param e8tres e9nerg e9tiques et r e9glementaires. La revalorisation de 20 % du prix d e9achat de l e9 e9lectricit e9 verte vise e0 redonner de l e9oxyg e8ne e0 court terme. Mais, en pratique, elle ne r e8gle pas la question de fond : la comp e9titivit e9 d e9une p e2te marchande europ e9enne face e0 des producteurs mondiaux int e9gr e9s, souvent adoss e9s e0 des ressources foresti e8res tr e8s comp e9titives et e0 des co fbts e9nerg e9tiques diff e9renci e9s.
Par ailleurs, la piste industrielle ab projet d e9avenir bb port e9e localement repose sur une logique de reconversion partielle. Carole Delga, pr e9sidente de la r e9gion Occitanie, a dit eatre pr eate e0 injecter 5 millions d e9euros. Elle a aussi affirm e9 : ab M eame si le ciel s e9est un peu assombri depuis quelques mois, rien n e9est perdu bb, en s e9adressant aux salari e9s. Parmi les pistes e9voqu e9es figurent une reconversion vers le fluff (segments hygi e8ne) et une production de bio e9thanol, qui pourrait alimenter le mara eechage local en e9nergie verte.
Cette approche est typique des strat e9gies d e9industrialisation territoriale : transformer un site e9nergivore en plateforme multi-produits, mieux align e9e avec les march e9s en croissance et les imp e9ratifs de d e9carbonation. Toutefois, pour une ETI, la r e9ussite d e9pend de trois variables : la stabilit e9 des flux de mati e8re premi e8re (bois), la s e9curisation des contrats e9nergie, et la capacit e9 e0 financer le capex sans d e9grader la liquidit e9.
Enfin, le spectre d e9une liquidation pose une question de passif environnemental. Le dossier mentionne une obligation potentielle de financement de d e9pollution e0 hauteur de 500 millions d e9euros en cas de liquidation judiciaire. Pour tout repreneur, c e9est un point bloquant si le partage des risques n e9est pas clarifi e9 e0 l e9avance.
