Après la destruction de ses ateliers, Fameca sécurise sa continuité industrielle grâce aux stocks et à un site de repli dans le Haut-Rhin
Trois mille mètres carrés d’ateliers détruits, puis un transfert industriel à organiser : Fameca reconstruit sa capacité de production à Pulversheim. Après l’incendie du 15 juin 2026 à Rixheim, la filiale de Novarc a choisi un autre site haut-rhinois pour redémarrer.
Ce dossier pose une question concrète aux dirigeants d’ETI industrielles : comment maintenir les livraisons lorsque le principal outil de fabrication disparaît ? Chez Fameca, les stocks épargnés ont permis de poursuivre une partie de l’activité pendant la recherche de solutions transitoires.
Un équipementier spécialisé dans la sécurité des réseaux électriques
Fameca fabrique des matériels électrotechniques de sécurité destinés aux postes et aux lignes électriques. Son activité relève de la fabrication de matériel de distribution et de commande électrique, selon les informations d’immatriculation de l’entreprise.
Son appartenance à Novarc inscrit cette implantation dans un ensemble industriel plus vaste. Le groupe familial drômois, qui annonce plus de 2 000 collaborateurs, situe le rachat de Fameca en 1998. Il organise aujourd’hui ses activités autour de trois branches : Safety, Motion & Industry et Networks.
La branche Safety équipe les professionnels qui construisent, exploitent et entretiennent les réseaux électriques. Elle présente une offre de 15 000 références sous la marque Penta ESP, couvrant notamment la basse, la moyenne et la haute tension. Cette spécialisation donne au redémarrage de Fameca un enjeu qui dépasse la seule remise en état d’un bâtiment.
Des stocks préservés pour amortir l’arrêt des ateliers
L’incendie a débuté vers 3 h 30, le 15 juin, rue Gutenberg à Rixheim. Les flammes ont détruit les ateliers de production, sur un site totalisant environ 4 000 mètres carrés. Les secours n’ont recensé aucun blessé.
En revanche, les bureaux et les espaces de stockage ont échappé en partie au sinistre. Cette préservation a donné à l’entreprise une marge de manœuvre commerciale : elle a pu mobiliser ses stocks malgré la destruction de ses moyens de fabrication.
Fin août, Fameca avait intégré un bâtiment de l’ancien site Faurecia à Pulversheim. L’entreprise avait également vidé les locaux préservés de Rixheim pour organiser les solutions transitoires. Le calendrier annoncé prévoyait un retour au rythme de croisière en octobre 2026 ; il s’agissait alors d’un objectif de reprise, et non d’un niveau de production déjà constaté.
L’Annuaire des entreprises recense désormais un établissement Fameca au 22, allée Robert-Schuman, dans l’aire d’activité de la Thur à Pulversheim. Le registre distingue cette implantation du siège de Rixheim. Le transfert de production ne signifie donc pas, à lui seul, un transfert du siège social.
Pour les ETI, distinguer continuité commerciale et reprise industrielle
Le cas Fameca permet de distinguer deux étapes. La première consiste à servir les clients avec les ressources disponibles. La seconde exige de rétablir une capacité de fabrication durable. Les stocks ont soutenu la première ; le transfert à Pulversheim répond à la seconde.
Cette lecture souligne l’intérêt stratégique des stocks dans un plan de continuité. Ils ne remplacent pas les ateliers, mais peuvent donner du temps pour réorganiser la production. Chez Fameca, leur préservation constitue précisément le lien entre l’arrêt brutal de juin et la préparation du nouveau site.
Autre enseignement : l’installation dans un bâtiment industriel existant représente ici une solution de redémarrage, plutôt qu’une reconstruction préalable à Rixheim. Il faut toutefois qualifier correctement l’opération : il s’agit d’un déplacement entre deux communes du Haut-Rhin, et non du retour en France d’une production auparavant délocalisée.
Une montée en cadence à documenter
Pour apprécier la portée industrielle du transfert, le calendrier annoncé ne suffit pas. Le compte rendu publié fin août fixait octobre comme horizon de fonctionnement normal, sans fournir de volumes de production ni de taux d’utilisation du futur atelier. Il ne permet donc pas, à lui seul, d’attester la réalisation de cet objectif.
La perspective reste néanmoins claire : Fameca a trouvé dans le Haut-Rhin une implantation pour reconstruire son activité. Pour les ETI confrontées au risque industriel, ce dossier illustre surtout l’articulation entre stocks disponibles, solutions provisoires et réinstallation productive. Ces trois éléments structurent la réponse observée après le sinistre de Rixheim.

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