Automatiser les palettes mixtes : Promalyon et WIIO misent sur les robots mobiles pour fluidifier la préparation logistique
Quinze à vingt palettes par heure et par îlot : c’est la capacité annoncée pour Pallet to Robot, la solution de Promalyon et WIIO. Leur cible : automatiser la préparation de palettes multiproduits, une opération complexe pour les fournisseurs de la grande distribution. Ces performances restent dépendantes de la configuration de chaque entrepôt.
Automatiser les commandes mixtes, pas seulement les fins de ligne
Une palette destinée à un magasin peut réunir plusieurs références, des couches complètes et des colis unitaires. L’enjeu dépasse donc l’empilage répétitif de cartons identiques. Il faut composer une commande tout en respectant les contraintes de lots, de dates limites de consommation et de reliquats. Promalyon et WIIO positionnent précisément leur partenariat sur cette préparation hétérogène.
Présentée au CFIA Toulouse 2026, leur offre associe deux compétences. Promalyon fournit la manutention robotisée des colis. WIIO apporte les robots mobiles autonomes, ou AMR, ainsi que sa plateforme logicielle MAEVE pour coordonner les flux. Le communiqué du 15 octobre 2026 formalise cette coopération, orientée notamment vers l’agroalimentaire.
Pour une ETI industrielle, cette approche invite à élargir l’analyse de l’automatisation. Le sujet ne se limite plus à la cadence d’une machine. Il concerne aussi l’enchaînement entre stockage, préparation et expédition. C’est à cette échelle que doit s’apprécier l’intérêt économique du projet.
Un bras robotisé alimenté par des robots mobiles
Le fonctionnement reprend le principe du Pallet to Person, qui achemine les palettes vers un préparateur. Ici, un bras polyarticulé effectue les prélèvements et les déposes. Son préhenseur permet des prises à la couche, au rang ou au colis. Les AMR apportent les palettes sources, puis déplacent les palettes de préparation vers les opérations suivantes.
MAEVE assure l’ordonnancement et l’optimisation des déplacements. Le logiciel gère également les reliquats en tenant compte des lots et des dates limites de consommation. Une zone de stockage au sol, proche du robot, complète l’installation pour limiter les trajets. L’architecture remplace ainsi les convoyeurs fixes par des véhicules mobiles pour ces transferts.
Dans sa documentation sur la préparation robotisée de palettes, WIIO annonce jusqu’à 85 % d’automatisation du flux et un retour sur investissement inférieur à cinq ans. Il s’agit de références commerciales, non d’un résultat garanti pour chaque site. L’entreprise précise aussi que des postes avec opérateurs peuvent conserver les flux résiduels ou spécifiques.
Pour les ETI, trois critères avant d’investir
Premier critère : la composition réelle des commandes. Une cadence exprimée en palettes par heure ne suffit pas à comparer deux installations. L’évaluation doit distinguer les couches complètes, les prélèvements unitaires et les références nécessitant un traitement particulier. Cette lecture découle directement des différents modes de prise et de la coexistence prévue avec une préparation humaine.
Deuxième critère : le périmètre économique. Le délai de retour annoncé doit se confronter aux dépenses du projet complet, à son utilisation et aux opérations qui resteront manuelles. Pour un décideur, la bonne comparaison porte sur le coût de préparation d’une commande conforme, plutôt que sur la seule vitesse du bras robotisé.
Troisième critère : les conditions de travail. L’INRS identifie la réduction des manutentions manuelles comme une priorité de prévention en logistique. L’organisme souligne également les risques associés aux gestes répétitifs, aux postures contraignantes et à la pression temporelle. L’intérêt ergonomique mérite donc une évaluation distincte du seul gain de productivité.
Une trajectoire progressive plutôt qu’un entrepôt entièrement robotisé
WIIO décrit un déploiement par étapes : une première installation combinant stockage intermédiaire, AMR et robot, puis des ajouts selon les besoins. Des robots supplémentaires ou un stockage automatique peuvent ensuite compléter le dispositif. Ce scénario constitue une possibilité d’évolution, pas un calendrier contractuel commun à tous les clients.
Pour les ETI, l’intérêt stratégique réside dans cette possibilité de séquencer l’investissement. Mais la décision doit rester liée aux flux effectivement automatisables. Le test décisif sera la performance sur les commandes réelles : cadence, qualité de préparation, gestion des exceptions et réduction effective des manutentions.

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