Crédit Agricole 14,86 € -2,53 % Air Liquide 173,58 € -0,01 % Airbus 194,78 € -2,01 % Alstom 15,92 € -0,25 % Danone 62,38 € +2,56 % BNP Paribas 82,57 € -4,88 % Carrefour 13,69 € -2,60 % Capgemini 126,80 € +1,40 % AXA 42,02 € -2,73 % Vinci 105,95 € -0,98 % Dassault Systèmes 24,06 € +2,04 % Edenred 26,57 € +0,42 % EssilorLuxottica 177,15 € +1,93 % Bouygues 40,14 € -0,99 % Engie 23,11 € +0,04 % Eurofins Scientific 83,26 € +2,92 % Société Générale 59,72 € -4,52 % Thales 226,70 € -1,43 % Kering 213,50 € -1,27 % Legrand 123,65 € -5,83 % LVMH 387,80 € -0,21 % Michelin 31,45 € +1,91 % ArcelorMittal — L'Oréal 413,00 € +1,80 % Orange 14,37 € +1,88 % Publicis 101,50 € +0,69 % Pernod Ricard 67,60 € +3,05 % Hermès International 1 289,50 € -4,94 % Renault 26,67 € -0,97 % Safran 302,00 € -3,79 % Sanofi 74,95 € +1,88 % Saint-Gobain 66,40 € +0,06 % Stellantis 3,78 € -0,75 % STMicroelectronics 39,96 € -4,89 % Schneider Electric 235,75 € -5,36 % Teleperformance 79,20 € +0,84 % TotalEnergies 79,98 € -1,14 % Unibail-Rodamco 90,12 € +0,96 % Veolia 31,82 € -0,62 % Worldline 11,51 € +0,44 %
Économie

Transmission des ETI : anticiper la relève pour préserver la continuité de 1 200 entreprises d’ici 2030

eti_news ·

Environ 1 200 ETI françaises pourraient changer de mains à l’horizon 2030. Derrière ce potentiel, la difficulté dépasse la recherche d’un acquéreur : les dirigeants doivent préparer leur départ sans fragiliser l’entreprise. Selon l’étude publiée le 27 novembre 2025 par Bpifrance Le Lab, 23 % des dirigeants d’ETI envisagent une transmission dans les cinq ans, hors multinationales à tête étrangère.

370 000 entreprises concernées, mais pas uniquement des PME et ETI

Le périmètre mérite une clarification. Les 370 000 entreprises potentiellement transmissibles d’ici 2030 comprennent environ 310 000 TPE employeuses, 58 000 PME et 1 200 ETI. Il ne s’agit donc ni des seules PME-ETI, ni d’un décompte de cessions certaines. Bpifrance mesure des intentions, à partir d’enquêtes réalisées en 2025.

Sur le champ des entreprises comptant au moins un salarié, environ 26 000 transmissions ont effectivement eu lieu en 2024. Le potentiel théorique atteint, lui, 74 000 opérations annuelles. Cette comparaison révèle un écart entre projets et transactions, pas un nombre équivalent d’entreprises promises à la fermeture.

L’enjeu concerne directement l’emploi intermédiaire. Dans sa synthèse de janvier 2026, CMA France détaille les emplois associés aux intentions de transmission : environ 610 000 dans les ETI, 1,4 million dans les PME et un million dans les TPE. Ces volumes mesurent une exposition au changement d’actionnaire, non des suppressions de postes annoncées.

Le premier verrou reste la préparation du dirigeant

La retraite déclenche 64 % des intentions de transmission. Pourtant, lorsque l’échéance dépasse un an, 70 % des dirigeants concernés restent au démarrage du processus. Ils réfléchissent, collectent des informations ou n’ont encore engagé aucune préparation. La moitié n’a pas défini de projet précis pour l’après-transmission.

Cette hésitation éclaire le décalage entre intention et décision. Selon les résultats de Bpifrance Le Lab sur la transmission-reprise, 80 % des dirigeants interrogés envisagent de rester plus longtemps aux commandes s’ils ne transmettent pas à l’horizon souhaité. Ces résultats décrivent l’ensemble étudié, pas exclusivement les ETI.

Le prix n’épuise pas leurs attentes. La synthèse de CMA France place la pérennité de l’entreprise en tête des critères des cédants potentiels, à 48 %. Viennent ensuite les qualités humaines du repreneur, à 40 %, puis son expérience et ses compétences, à 38 %. La solidité financière recueille 29 %.

Les salariés repreneurs face au financement et au management

Les données disponibles documentent davantage les salariés devenus repreneurs que l’opinion générale des équipes. Cette distinction évite de prêter un état d’esprit uniforme aux collaborateurs. Dans sa présentation de l’étude menée avec Bpifrance, le C.R.A souligne que le financement constitue le premier obstacle, particulièrement pour les repreneurs salariés.

Au total, 60 % des repreneurs rencontrent des obstacles significatifs au démarrage de leur projet. Après l’acquisition, les ressources humaines deviennent une difficulté majeure : un repreneur sur quatre les cite. Toutefois, 70 % estiment atteindre leurs objectifs initiaux, avec un résultat encore supérieur chez les anciens salariés.

Autre point sensible : un tiers des repreneurs déclarent avoir limité leurs investissements après l’acquisition à cause de l’endettement. Pour une ETI industrielle, ce constat invite à examiner ensemble prix d’achat, remboursement de la dette et moyens de développement. Une opération financièrement réalisable ne garantit pas, à elle seule, une capacité d’investissement suffisante.

Préparer la continuité plutôt que la seule transaction

Le C.R.A estime qu’une préparation de douze à dix-huit mois minimum permet d’aborder plus sereinement une cession. L’immobilier d’exploitation, les personnes clés, les comptes et les pactes figurent parmi les sujets à traiter. Pour les ETI, ces points dessinent une grille d’analyse concrète : préserver les compétences et clarifier la gouvernance, au-delà du changement de capital.

Le financement public apporte une réponse partielle. Le 15 mai 2025, Bpifrance a annoncé un plan de soutien à la transmission des PME et ETI. Il comprend un Prêt Croissance Transmission sans garantie, plafonné à cinq millions d’euros. Le dispositif prévoit aussi un accompagnement après la reprise, notamment sur la gouvernance et le projet d’entreprise.

Ces réponses financières ne suppriment toutefois ni les hésitations des cédants ni les difficultés humaines recensées. L’analyse des résultats conduit donc à une priorité : articuler suffisamment tôt succession managériale, financement et continuité opérationnelle. Pour le tissu des ETI, réussir la transmission signifie aussi conserver les moyens de croître après elle.

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