Crédit Agricole 15,72 € +0,45 % Air Liquide 173,16 € +0,07 % Airbus 198,82 € +2,07 % Alstom 16,13 € +1,03 % Danone 61,56 € +0,56 % BNP Paribas 89,55 € +0,69 % Carrefour 16,61 € -0,24 % Capgemini 121,35 € -0,61 % AXA 42,97 € +0,28 % Vinci 108,05 € +0,37 % Dassault Systèmes 23,10 € -0,26 % Edenred 30,05 € +1,73 % EssilorLuxottica 154,40 € +3,83 % Bouygues 41,51 € +1,39 % Engie 23,42 € +0,90 % Eurofins Scientific 78,26 € -1,14 % Société Générale 64,47 € -0,20 % Thales 234,00 € +2,77 % Kering 216,95 € +0,51 % Legrand 134,00 € +0,22 % LVMH 397,00 € -0,33 % Michelin 33,67 € -1,23 % ArcelorMittal — L'Oréal 407,40 € +0,14 % Orange 14,57 € +0,87 % Publicis 102,45 € -1,25 % Pernod Ricard 68,22 € +2,43 % Hermès International 1 337,50 € -0,07 % Renault 27,59 € +3,33 % Safran 317,00 € 0,00 % Sanofi 71,94 € -0,30 % Saint-Gobain 66,54 € 0,00 % Stellantis 3,98 € +2,60 % STMicroelectronics 41,17 € -0,58 % Schneider Electric 253,30 € -1,82 % Teleperformance 74,68 € -2,20 % TotalEnergies 80,71 € +0,62 % Unibail-Rodamco 89,82 € +0,18 % Veolia 32,40 € +0,06 % Worldline 11,86 € +4,75 %
Industrie

Figeac Aéro renforce son intégration verticale pour sécuriser les cadences aéronautiques et viser 600 millions d’euros de revenus en 2028

eti_news ·

Avec 5 milliards d’euros de carnet de commandes au 30 juin 2026, Figeac Aéro doit transformer sa visibilité commerciale en capacité industrielle. Le rachat de Bodycote Sud-Ouest, finalisé et annoncé le 13 octobre 2026, renforce un maillon critique : les traitements thermiques et les procédés spéciaux.

La montée en cadence impose de maîtriser davantage la production

Le contexte explique cette intégration verticale. Airbus a confirmé, dans ses résultats semestriels du 29 juillet 2026, son objectif de produire douze A350 par mois en 2028. L’avionneur comptait alors 9 222 appareils commerciaux dans son carnet de commandes. Pour ses fournisseurs, cette profondeur de marché impose surtout de préparer les moyens nécessaires aux futures cadences.

Figeac Aéro bénéficie déjà de cette dynamique. Entre avril et juin 2026, son chiffre d’affaires atteint 111,8 millions d’euros, en hausse organique de 11,6 %. Les programmes A350, A320 et Boeing 737 portent principalement cette progression. Le groupe enregistre ainsi son vingt-et-unième trimestre consécutif de croissance.

Cette visibilité mérite toutefois une précision. Figeac Aéro calcule son carnet en extrapolant sur dix ans les commandes reçues et attendues de ses contrats. Il retient des hypothèses de cadences et de change. Les 5 milliards d’euros ne représentent donc pas un volume de livraisons immédiates : ils donnent une perspective industrielle de long terme.

À Cambes, une acquisition ciblée sur les procédés spéciaux

Acquise auprès du groupe britannique Bodycote, la société dispose de son principal site à Cambes, dans le Lot. Elle apporte des traitements thermiques, du soudage par faisceau d’électrons et de la radioscopie. Son carnet de commandes concerne principalement le programme Airbus A350.

L’entité devient Figeac Aéro Cambes, quinzième site de production du groupe. Dans son communiqué sur l’acquisition de Bodycote Sud-Ouest, Figeac Aéro prévoit un chiffre d’affaires pro forma proche de 5 millions d’euros à l’horizon mars 2028. Il ne publie ni le prix d’acquisition ni les modalités de financement.

Thomas Girard, directeur général adjoint, présente l’opération comme un moyen de renforcer l’intégration verticale et de sécuriser des compétences rares. Le groupe souhaite développer Cambes comme pôle d’excellence des procédés spéciaux, au service des aérostructures et des moteurs.

Investir sans compromettre le désendettement

Cette acquisition concrétise les orientations annoncées en juin 2026. Figeac Aéro prévoit environ 10 millions d’euros d’investissements stratégiques pour l’exercice 2026/27, puis 10 à 15 millions pour 2027/28. Ces enveloppes incluent de la croissance externe. Elles ciblent le traitement de surface, la défense et l’intégration de la chaîne de valeur. Elles ne constituent pas le prix annoncé du rachat de Cambes.

La capacité financière reste donc centrale. Pour l’exercice clos le 31 mars 2026, le groupe a annoncé 486,8 millions d’euros de revenus et 78,6 millions d’EBITDA courant. Sa marge d’EBITDA atteint 16,1 %. Toutefois, sa dette nette représente encore 263,4 millions d’euros, soit un levier financier de 3,4 fois.

Le pilotage des stocks apporte parallèlement une marge de manoeuvre. Leur durée moyenne de détention passe de 182 à 160 jours de chiffre d’affaires. Le groupe dégage ainsi 36 millions d’euros de flux de trésorerie disponibles, selon sa définition de cet indicateur. L’enjeu consiste à financer les capacités nouvelles tout en maintenant cette discipline opérationnelle.

Pour les ETI, privilégier les capacités critiques plutôt que le seul volume

La lecture stratégique de l’opération dépasse sa taille. Pour une ETI industrielle, acheter une compétence complémentaire peut répondre à un besoin différent d’une acquisition de volumes. L’intégration verticale vise alors à mieux coordonner les étapes de production. Elle doit cependant démontrer son efficacité : posséder un atelier supplémentaire ne garantit pas, à lui seul, des délais plus courts. Cette distinction éclaire la logique annoncée par Figeac Aéro.

Le groupe maintient pour 2026/27 une cible de chiffre d’affaires comprise entre 530 et 560 millions d’euros. À mars 2028, il vise plus de 600 millions de revenus et 100 millions d’EBITDA courant. L’intégration de Cambes devra donc servir une trajectoire plus large : accompagner la croissance, renforcer l’offre industrielle et poursuivre la réduction du levier financier.

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