PM Studio élargit son offre de packaging et renforce sa présence internationale avec l’expertise de TNT Group
En rachetant TNT Group, PM Studio Group porte son périmètre à environ 130 millions d’euros de chiffre d’affaires combiné. Annoncée le 13 octobre 2026, l’opération réunit près de 150 collaborateurs dans le monde. Ces 130 millions représentent l’activité du nouvel ensemble, et non le prix d’acquisition.
Le rapprochement associe deux métiers complémentaires : la création d’emballages et d’accessoires promotionnels, d’une part, l’ingénierie du packaging premium, d’autre part. Pour les entreprises françaises de cette filière, il illustre une stratégie de développement fondée sur l’élargissement des compétences et des débouchés internationaux.
Du coffret promotionnel à l’emballage primaire
Basé à Paris, PM Studio Group conçoit des cadeaux promotionnels, des emballages secondaires et des accessoires sur mesure. Ses clients appartiennent à la beauté, au luxe, à la mode, à la joaillerie et à l’horlogerie. Avant cette acquisition, le groupe annonce plus de 70 millions d’euros de revenus et plus de 90 collaborateurs.
TNT Group apporte une expertise complémentaire dans les emballages primaires et secondaires destinés à la beauté et aux vins et spiritueux. Le premier désigne le conditionnement directement associé au produit ; le second comprend notamment sa présentation extérieure. Le rapprochement élargit donc le périmètre commercial et technique du groupe acquéreur.
Fondé en 2013 par Toby Cattermole et Thomas Diezinger, TNT Group développe son activité depuis Hong Kong, Paris et New York. Son organisation repose sur un modèle sans usines propres, dit « fabless », avec des partenaires industriels en Europe et en Asie. L’acquisition porte ainsi sur des compétences d’ingénierie et un réseau de production, plutôt que sur une intégration d’usines détenues directement.
Une croissance externe préparée depuis l’entrée d’Andera
Cette acquisition prolonge la réorganisation du capital de PM Studio engagée en 2024. Andera était alors devenu actionnaire de référence, aux côtés des dirigeants et du management. L’entreprise envisageait déjà des acquisitions en France, en Europe, aux États-Unis et en Asie pour étendre ses expertises et sa couverture géographique.
Le cabinet Cornet Vincent Ségurel, conseil du groupe lors de cette opération, la présentait comme son premier LBO. Le recours au capital-investissement accompagnait donc une ambition explicite de changement d’échelle. Le rachat de TNT constitue une nouvelle étape de cette trajectoire, après les acquisitions de By No et d’Édition Limitée.
Les fondateurs de TNT réinvestissent une part significative du produit de leur cession dans le nouvel ensemble. Des cadres clés participent également au réinvestissement. Par ailleurs, Damon Kennish prend la direction générale de TNT Group. Les annonces ne détaillent ni le montant du rachat ni la répartition du capital après l’opération.
L’écoconception comme compétence industrielle
Au-delà de la taille, l’intérêt stratégique repose sur la combinaison de la création et de l’exécution technique. TNT travaille notamment le zamak, un alliage principalement composé de zinc. Son offre mobilise aussi différents matériaux et procédés pour transformer un concept de marque en emballage réalisable industriellement.
Sur son site, TNT décrit une filière dédiée au zamak, couvrant collecte, tri, retraitement et réintroduction dans les emballages de luxe. L’entreprise développe également des solutions rechargeables. Ces démarches donnent un contenu opérationnel à son positionnement dans l’écoconception, sans permettre de conclure à une performance environnementale uniforme de tous ses produits.
Pour les ETI françaises de l’emballage, la lecture stratégique est concrète : l’élargissement de l’offre ne passe pas nécessairement par davantage d’actifs industriels propres. Ce rapprochement privilégie l’association du design, de l’ingénierie, des matériaux et du pilotage de partenaires. C’est cette combinaison, davantage que le seul volume d’activité, qui structure le projet annoncé.
Transformer le périmètre élargi en croissance
Le nouvel ensemble revendique une présence en Europe, en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord. Il entend couvrir la chaîne de valeur de la création à la logistique, auprès des grandes maisons comme des marques de niche. L’ambition affichée reste celle d’une plateforme de croissance organique et externe.
Le prochain enjeu consiste donc à convertir ces complémentarités en activité commerciale. Aucun objectif chiffré de synergies, de marge ou d’investissements ne figure dans les annonces consultées. À ce stade, l’opération établit un changement de périmètre ; elle ne démontre pas encore les gains économiques de l’intégration.

Laisser un commentaire
Réagir