Nicomatic renforce son outil de production pour soutenir sa croissance et viser 350 millions d’euros de revenus d’ici 2030
Nicomatic renforce sa production en Haute-Savoie pour accompagner son changement d’échelle. Le spécialiste familial de la connectique a inauguré, le 24 septembre 2026, un nouveau site à Bons-en-Chablais, près de son implantation historique.
Cette extension intervient alors que l’ETI affiche 154 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, selon sa présentation auprès de l’association Elles bougent. L’enjeu dépasse l’immobilier industriel : il s’agit d’adapter les capacités et l’organisation à une trajectoire de croissance ambitieuse.
Un nouvel outil industriel au plus près du site historique
Le nouveau bâtiment se situe dans la zone industrielle des Bracots, à quelques mètres du bâtiment principal. Sa livraison a demandé cinq mois. L’inauguration coïncidait avec le cinquantième anniversaire de l’entreprise, fondée en 1976 par Paul Nicollin.
Nicomatic conçoit et fabrique des connecteurs pour environnements sévères. Ses débouchés comprennent notamment l’aéronautique, le spatial, la défense et le médical. Le groupe propose aussi des solutions d’interconnexion électriques et optiques sur mesure. Cette spécialisation le place dans les chaînes d’approvisionnement d’industries exigeantes en matière de fiabilité.
Pour comprendre cet investissement, il faut regarder le modèle industriel. Issue du décolletage, Nicomatic revendique une production intégrée verticalement, avec la conception et la fabrication de ses solutions sur ses propres sites. Son implantation française comprend également Saint-Cergues et Toulouse, cette dernière rapprochant l’entreprise du secteur aéronautique.
L’extension de Bons-en-Chablais s’inscrit donc dans une logique de renforcement de l’outil existant. Elle ne constitue pas, à elle seule, une mesure de la capacité supplémentaire disponible. Les informations accessibles sur l’inauguration ne précisent ni les volumes additionnels ni le montant de l’investissement.
Une ETI française qui prépare une nouvelle étape de croissance
La fiche publiée par Elles bougent, actualisée le 4 août 2026, indique 870 collaborateurs, dont 476 dans les entités françaises. Elle recense également neuf sites de production. Ces données décrivent une ETI déjà internationalisée, mais qui conserve une base industrielle importante en France.
Le groupe vise désormais 200 millions d’euros de chiffre d’affaires, selon les informations reprises par le Gifas à l’occasion de l’inauguration. Cet objectif reste une ambition, et non un revenu acquis. Aucun calendrier précis n’accompagne ce palier dans cette publication.
En revanche, Nicomatic fixe explicitement un horizon pour la suite. Dans sa feuille de route publiée le 28 juillet 2026, l’entreprise annonce un objectif de 350 millions d’euros de revenus en 2030. Elle souhaite réaliser 20 % de ce total hors vente de connecteurs, grâce aux services et au partage de connaissances.
La lecture stratégique est donc double : renforcer la fabrication et élargir les sources de revenus. Pour une ETI industrielle, ces deux mouvements soulèvent des questions différentes. Le premier concerne les capacités et la maîtrise opérationnelle. Le second suppose de transformer des compétences internes en offres commercialisables. Il ne faut toutefois pas confondre cette orientation avec une diversification déjà réalisée.
Les approvisionnements, autre enjeu du changement d’échelle
La croissance industrielle s’accompagne d’un chantier sur les matières et les fournisseurs. Selon Nicomatic, son bilan carbone 2024 atteint 35 421 tonnes équivalent CO2. Le périmètre indirect, ou scope 3, représente 96,8 % des émissions, tandis que les achats de produits et services en concentrent près de 70 %.
Ces proportions orientent l’analyse : agir uniquement sur les bâtiments et l’énergie consommée sur place ne traite pas l’essentiel de l’empreinte déclarée. Les approvisionnements constituent un levier majeur. C’est aussi un sujet concret pour les fournisseurs industriels qui accompagnent le développement de l’ETI.
Le plan d’action présenté à l’Office français de la biodiversité prévoit ainsi de couvrir tous les fournisseurs directs par un indice de durabilité avant fin 2026. L’entreprise vise également 40 % de matières issues de sources recyclées dans la fabrication de ses produits d’ici 2030. Il s’agit d’engagements, dont la réalisation reste à mesurer.
Transformer l’extension en performance durable
L’ouverture de Bons-en-Chablais apporte une traduction tangible aux ambitions de Nicomatic. Elle associe un investissement dans le territoire d’origine à une stratégie internationale et à un élargissement annoncé vers les services.
Pour les décideurs d’ETI, le cas illustre surtout une question de pilotage : comment faire évoluer simultanément les capacités, les compétences et les achats ? Les prochaines étapes se jugeront sur les revenus effectivement réalisés et les progrès documentés. L’inauguration marque un jalon industriel ; elle ne démontre pas encore l’atteinte des objectifs économiques et environnementaux.

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