Volkswagen accélère sa restructuration pour redresser sa rentabilité et préparer son modèle industriel à l’horizon 2030
Oliver Blume, président du directoire de Volkswagen depuis le 1er septembre 2022, poursuit un mandat renouvelé jusqu’à fin 2030. Le conseil de surveillance a annoncé cette reconduction à la tête de Volkswagen le 17 octobre 2025. Depuis janvier 2026, le dirigeant se consacre au groupe, après avoir quitté la direction de Porsche.
Un parcours construit dans les usines du groupe
Né en 1968 à Brunswick, Oliver Blume obtient son diplôme d’ingénieur en mécanique à l’université technique de la ville en 1994. Il complète cette formation par un doctorat à l’université Tongji, à Shanghai, en 2001, selon sa biographie officielle.
Il rejoint Audi en 1994, puis exerce des responsabilités dans la carrosserie, la logistique et la préparation industrielle. Son parcours le conduit ensuite chez Seat, à Barcelone. En 2009, il prend la direction de la planification de production de la marque Volkswagen, à Wolfsburg.
Porsche lui confie la production et la logistique en 2013, puis sa présidence en 2015. Il rejoint également le directoire de Volkswagen en 2018. Lors de sa nomination à la tête du groupe en 2022, le conseil de surveillance met en avant ses compétences opérationnelles. Il insiste aussi sur une culture de direction privilégiant le travail collectif.
Le cumul des directions de Volkswagen et Porsche prend fin le 1er janvier 2026. Michael Leiters lui succède chez Porsche, après dix années de présidence d’Oliver Blume.
Volkswagen confronté au recul de sa rentabilité
Le groupe automobile livre près de neuf millions de véhicules en 2025. Son chiffre d’affaires atteint 321,9 milliards d’euros. En revanche, son résultat opérationnel recule de 53,5 %, à 8,9 milliards d’euros. La marge opérationnelle tombe ainsi à 2,8 %, contre 5,9 % en 2024, selon les résultats annuels de Volkswagen.
Les droits de douane américains, les dépenses de restructuration et la réorientation des produits Porsche pèsent sur ces résultats. Parallèlement, les livraisons diminuent en Chine et en Amérique du Nord, malgré leur progression en Europe.
Une restructuration qui engage le dialogue social
Le 3 septembre 2026, le conseil de surveillance approuve le plan de transformation de Volkswagen pour 2030. Celui-ci prévoit un ajustement supplémentaire d’environ 50 000 postes dans le monde, au-delà des programmes existants. Il concerne aussi les fonctions d’encadrement.
Le groupe vise une marge opérationnelle de 9 % en 2030. Il prévoit également de réduire son portefeuille de modèles d’environ moitié d’ici 2035. Un schéma industriel européen doit aboutir avant fin juin 2027.
Les sites d’Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm concentrent les incertitudes industrielles. Volkswagen indique ne pas pouvoir garantir actuellement une allocation compétitive de production pour ces usines entre 2031 et 2034. Il étudie des usages alternatifs.
Selon Associated Press sur les négociations sociales chez Volkswagen, Daniela Cavallo avait vivement critiqué le projet durant l’été. La présidente du comité d’entreprise soutient finalement le plan adopté. Elle souligne toutefois que les salariés ne doivent pas supporter seuls le poids de la transformation.

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