Crédit Agricole 15,58 € +3,73 % Air Liquide 186,82 € +2,33 % Airbus 199,00 € +2,94 % Alstom 11,25 € +1,12 % Danone 67,42 € +2,12 % BNP Paribas 92,06 € +5,08 % Carrefour 13,40 € +2,45 % Capgemini 128,50 € +2,64 % AXA 44,61 € +3,62 % Vinci 111,40 € +2,39 % Dassault Systèmes 25,53 € +2,20 % Edenred 24,70 € +3,13 % EssilorLuxottica 186,65 € +1,30 % Bouygues 41,92 € +2,17 % Engie 24,03 € +3,04 % Eurofins Scientific 88,50 € +1,44 % Société Générale 64,40 € +4,63 % Thales 227,50 € -2,36 % Kering 190,26 € +5,56 % Legrand 131,50 € -1,72 % LVMH 412,75 € +2,80 % Michelin 33,45 € +3,15 % ArcelorMittal — L'Oréal 445,05 € +2,85 % Orange 15,07 € +2,48 % Publicis 103,95 € +2,77 % Pernod Ricard 69,54 € +1,88 % Hermès International 1 357,50 € +3,43 % Renault 28,18 € +3,45 % Safran 294,80 € +3,44 % Sanofi 83,23 € +2,78 % Saint-Gobain 72,50 € +3,10 % Stellantis 4,05 € -0,91 % STMicroelectronics 42,44 € -1,54 % Schneider Electric 235,95 € -1,59 % Teleperformance 81,94 € +1,19 % TotalEnergies 83,05 € +0,41 % Unibail-Rodamco 93,60 € +1,52 % Veolia 33,63 € +2,06 % Worldline 11,13 € +3,75 %
ETI en Europe

Holmen investit 40 millions d’euros pour rendre sa papeterie plus flexible face au recul du papier graphique

eti_news ·

Une même machine à papier capable de passer du livre au carton ondulé : c’est le pari industriel désormais opérationnel de Holmen à Braviken, en Suède. Après un investissement de 450 millions de couronnes suédoises, soit environ 40 millions d’euros au moment de l’annonce, la PM52 peut produire des papiers graphiques et des papiers pour emballage à base de pâte thermomécanique.

Le projet, mené avec l’équipementier Andritz, illustre la mutation des papetiers historiquement exposés aux usages graphiques. Face à l’érosion structurelle de certains débouchés imprimés, la flexibilité des actifs devient un levier de compétitivité. L’enjeu ne consiste plus seulement à convertir des capacités vers l’emballage. Il est aussi de préserver des marchés à valeur ajoutée, comme le papier livre.

Une machine « swing » pour arbitrer entre plusieurs marchés

Holmen avait annoncé en avril 2023 la reconstruction de la PM52 de son usine de Braviken. L’objectif était double : élargir l’offre de papiers pour livres et augmenter la production de papier à cannelure, utilisé pour la couche centrale des caisses en carton ondulé. Le groupe avait alors programmé l’opération pour l’automne 2024.

Le calendrier industriel a impliqué un arrêt de quatre semaines de la seule PM52 au quatrième trimestre 2024. La seconde machine du site, PM53, est restée en fonctionnement. Holmen indiquait avoir compensé la perte temporaire de capacité par une planification de production et par des fabrications anticipées.

La remise en route a été annoncée par Andritz le 5 juin 2025. La machine de Braviken peut désormais alterner entre papier livre, papier journal et carton-caisse. Sa largeur de toile atteint 9,3 mètres et sa vitesse de conception comme d’exploitation est de 1 600 mètres par minute. Ces caractéristiques soulignent l’ampleur du défi : adapter un outil très capacitaire à des qualités de papier aux exigences de formation, de résistance et de grammage distinctes.

La nouvelle configuration repose notamment sur une section de formation modernisée, une caisse de tête et une section de presse refondues. L’objectif est d’améliorer l’égouttage, la siccité et la stabilité de marche. Pour une papeterie, ces paramètres conditionnent directement les coûts énergétiques, les rendements matière et la qualité commercialisable.

La pâte thermomécanique au service du carton ondulé

La singularité du projet tient à l’emploi de pâte thermomécanique, ou TMP, pour des papiers destinés au carton ondulé. Cette pâte, traditionnellement associée à des usages graphiques, devient ici la base d’un produit d’emballage. Holmen avait lancé en 2022 sa gamme INNR, positionnée sur les applications de carton ondulé.

Selon Andritz, les produits de carton-caisse à base de pâte mécanique développés par Holmen permettent une réduction de grammage pouvant aller jusqu’à 20 % par rapport à des produits traditionnels. L’équipementier indique aussi que la résistance recherchée est obtenue sans amidon de surface. Ces performances doivent toutefois être appréciées selon les applications finales, les spécifications des transformateurs et la chaîne logistique de chaque client.

Le raisonnement économique est clair. Un papier plus léger, à niveau de performance adapté, réduit la quantité de matière nécessaire par emballage. Dans un secteur où le bois, l’énergie et le transport pèsent fortement sur les coûts, la baisse du grammage peut devenir un avantage commercial autant qu’industriel. Elle répond aussi aux attentes des donneurs d’ordre qui cherchent à réduire l’intensité matière de leurs emballages.

Holmen met également en avant l’accès à de l’électricité sans énergie fossile et à une ressource forestière locale. Cet ancrage ne dispense pas de maîtriser les coûts de transformation. Il renforce néanmoins la cohérence d’une offre combinant fibre vierge, résistance mécanique et moindre consommation de matière.

Un signal pour les ETI françaises du papier et de l’emballage

Pour les ETI françaises de la filière, l’opération de Braviken constitue surtout un cas d’école de modernisation ciblée. Plutôt que de dédier une ligne entière à un seul marché, Holmen transforme un actif existant afin d’élargir son portefeuille. Cette logique réduit le risque lié à la dépendance à une demande unique, sans abandonner les savoir-faire accumulés dans le papier graphique.

Les entreprises françaises du carton ondulé, de l’impression, de la transformation et des équipements papetiers sont directement concernées par cette évolution. Elles évoluent dans une chaîne de valeur européenne, où les innovations de grammage, de résistance et de productivité circulent rapidement. La différenciation ne se joue donc pas seulement sur le prix de la bobine. Elle se joue sur la capacité à livrer une qualité régulière, compatible avec les cadences des onduleuses et les cahiers des charges des marques.

Le projet met aussi en lumière l’importance du dialogue entre producteur et équipementier. Andritz n’a pas seulement fourni des composants : le groupe a assuré l’ingénierie, l’installation et le démarrage. Pour une ETI industrielle, cette approche rappelle qu’un investissement de capacité doit intégrer le procédé, l’automatisation, la maintenance et la montée en compétence des équipes.

À Braviken, Holmen ne choisit donc pas entre le livre et l’emballage. Le groupe se donne les moyens d’arbitrer entre les deux en fonction des marchés. Dans une industrie capitalistique, cette faculté d’allocation de capacité devient un actif stratégique à part entière.

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