Sterimed accélère sa croissance externe industrielle avec 120 salariés et élargit son offre dans la santé
Avec le rachat de Simagec, Sterimed ajoute 120 collaborateurs à ses effectifs et élargit son périmètre sur deux maillons sensibles de la chaîne de santé : l’emballage rigide des dispositifs médicaux et le conditionnement pharmaceutique aseptique. Pour le groupe français, l’opération vise moins l’effet de taille que l’acquisition de savoir-faire industriels complémentaires.
La finalisation de l’opération a été annoncée le 23 juin 2026. Le montant de la transaction n’a pas été précisé. Simagec est implanté à Rousset, dans les Bouches-du-Rhône, et non dans les Pyrénées-Orientales.
Un rapprochement ciblé sur le conditionnement médical
Sterimed intervient dans les emballages médicaux et pharmaceutiques ainsi que dans les systèmes de barrière stérile. Le groupe maîtrise des matériaux techniques, la fabrication de composants d’emballage et des prestations de conditionnement à façon pour l’industrie de santé.
Simagec apporte une offre qui couvre les emballages rigides et flexibles à usage médical, le façonnage de dispositifs médicaux, ainsi que les opérations de validation et de qualification du conditionnement. Ces activités répondent à des exigences élevées de traçabilité, de propreté et de maîtrise des procédés.
Le périmètre acquis rassemble aussi Sima Pharma, dédiée au conditionnement de liquides désinfectants en salle propre aseptique, et Sima Meca. Cette dernière conçoit et fabrique des machines et équipements destinés aux besoins du groupe comme à ceux de clients du secteur médical.
Cette intégration donne donc à Sterimed une présence plus complète dans l’aval industriel. Le groupe renforce son activité de conditionnement de dispositifs médicaux, notamment pour des produits tels que les implants. Il entre également dans le conditionnement pharmaceutique aseptique, une activité distincte de la seule fourniture d’emballages.
Une opération de croissance externe dans la continuité du modèle Sterimed
Sterimed affiche près de 350 millions d’euros de ventes, 1 700 collaborateurs et 25 sites dans le monde, dont 15 sites de production. Le groupe indique avoir mené dix acquisitions depuis 2016, en France et à l’international. Simagec s’inscrit ainsi dans une stratégie de croissance externe déjà structurante pour son développement.
Le rapprochement conserve néanmoins une logique entrepreneuriale. Michel Lopez, président de Simagec, et Eléonore Jacquin, directrice générale, restent chargés du développement de l’entreprise. Ils rejoignent aussi le comité exécutif de Sterimed.
Les deux dirigeants réinvestissent par ailleurs au capital via la structure Les Amis de Sterimed, aux côtés du management, des familles et des partenaires financiers du groupe. Ce mécanisme aligne la continuité opérationnelle de l’équipe cédante avec les objectifs de développement de l’acquéreur.
Pour une ETI industrielle, cette configuration limite le risque classique d’une intégration purement financière. Elle préserve la connaissance des clients, des qualifications techniques et des procédures qualité, tout en donnant à la société acquise l’accès à un groupe plus internationalisé.
Le vrai enjeu : transformer des expertises de niche en offre intégrée
Dans les dispositifs médicaux, l’emballage participe directement au maintien de la stérilité jusqu’à l’utilisation du produit. Le prestataire doit donc combiner matériaux adaptés, procédés validés, contrôle qualité et capacité à accompagner les évolutions des fabricants. La valeur se situe autant dans la conformité et le service que dans la fabrication elle-même.
Simagec a développé ses activités complémentaires au fil du temps : la conception de machines via Sima Meca a été intégrée en 2014, tandis que l’activité de conditionnement de liquides et de désinfectants a été développée dès 2009 avant d’être rattachée à Sima Pharma en 2019. Le groupe disposait de trois sites de production pour soutenir cette diversification.
Pour Sterimed, l’intérêt est de proposer une gamme plus large aux fabricants de dispositifs médicaux. L’association de l’emballage, du conditionnement à façon et de certaines compétences d’ingénierie peut raccourcir les interfaces industrielles pour les donneurs d’ordres. Elle peut aussi renforcer la capacité du groupe à accompagner les phases de qualification.
Le volet pharmaceutique ouvre une seconde voie de croissance. Le conditionnement de liquides désinfectants en environnement aseptique suppose des équipements, des procédures et des compétences spécifiques. Sterimed ajoute ainsi une brique de prestation qui complète ses activités historiques liées aux emballages et à la prévention des infections.
Un signal pour les ETI de la santé et de la sous-traitance
L’opération illustre une dynamique fréquente dans les filières de santé : les ETI spécialisées deviennent des plateformes de consolidation lorsque leurs métiers sont critiques, réglementés et difficiles à reproduire. Leur attractivité repose alors sur la profondeur de leurs savoir-faire, la stabilité de leurs équipes et leur capacité à répondre à des cahiers des charges exigeants.
Le rapprochement offre à Simagec un cadre de développement plus vaste, sans rupture immédiate de gouvernance. Pour Sterimed, il apporte des expertises qui n’étaient pas au cœur de son portefeuille, en particulier l’emballage rigide médical et le conditionnement pharmaceutique aseptique.
La prochaine étape se jouera dans l’intégration commerciale et industrielle. Le maintien des équipes de direction et leur réinvestissement créent des conditions favorables. La création de valeur dépendra toutefois de la capacité à faire circuler les compétences de Simagec dans l’ensemble du réseau Sterimed, sans diluer les exigences de qualité qui font la valeur de ces activités.

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