Les ETI au cœur de la stratégie économique de Gabriel Attal : dix dirigeants mobilisés sur les impôts et la simplification
À huit mois de l’élection présidentielle de 2027, Gabriel Attal veut installer l’entreprise au cœur de son dispositif économique. Le candidat de Renaissance s’appuie désormais sur un conseil bénévole d’une dizaine de dirigeants, avec une place notable accordée aux entrepreneurs et aux représentants du tissu productif.
Cette initiative vise un objectif concret : transformer les retours de terrain des patrons en propositions sur la fiscalité, les normes et la compétitivité. Pour les ETI, souvent confrontées à la fois aux enjeux d’industrialisation, d’exportation et de transmission, le signal est politique autant qu’opérationnel.
Un conseil patronal aux profils variés
Le collectif réunit des dirigeants issus de secteurs très différents. Luc Lesénécal, PDG des Tricots Saint James, y apporte l’expérience d’une marque industrielle française ancrée dans la production textile. Paul Morlet, fondateur de Lunettes pour tous, représente un modèle de croissance fondé sur le commerce, les prix accessibles et le déploiement de réseau.
Hélène Huby, cofondatrice et directrice générale de The Exploration Company, incarne le segment des technologies spatiales. Vincent Klingbeil, dirigeant d’European Digital Group, Benoist Grossmann, président d’Eurazeo Tech, et Fabien Versavau, ancien directeur général de La Redoute et de PriceMinister, complètent un panel tourné vers le numérique, l’investissement et la transformation des modèles de distribution.
Bernard Cohen-Haddad, président de la CPME Île-de-France et du think tank Étienne Marcel, fait également partie des personnalités mobilisées. Il souligne que Gabriel Attal a directement sollicité son concours. Pour lui, cette méthode traduit l’idée que les sujets économiques ne doivent pas relever des seuls responsables politiques.
Sylvie Cazenave-Péré, présidente du groupe industriel Posson Packaging, entend quant à elle faire valoir l’expérience d’une entreprise engagée dans la décarbonation. Elle indique que son groupe a démarré ses bilans carbone en 2018 et affirme avoir réduit ses émissions de CO2 de 315 000 tonnes.
Fiscalité et simplification, deux attentes centrales
Le candidat promet des baisses d’impôts et une simplification administrative. Le choix de placer ces thèmes au premier plan répond aux préoccupations récurrentes des entreprises de taille intermédiaire. Celles-ci doivent financer leurs investissements, absorber les coûts de conformité et conserver leur capacité à recruter dans un environnement concurrentiel.
Le débat intervient alors que la loi de simplification de la vie économique, promulguée le 26 mai 2026, prévoit déjà plusieurs mesures pour alléger les démarches des entreprises. Elle crée aussi un Conseil de la simplification chargé d’évaluer les effets techniques, administratifs et financiers des nouvelles normes applicables aux acteurs économiques.
Pour les ETI, l’enjeu dépasse toutefois la suppression de formalités isolées. Une politique de simplification efficace doit réduire les délais de décision, sécuriser les projets industriels et faciliter les relations avec l’administration, les banques, les assureurs et les donneurs d’ordre publics.
La question fiscale reste tout aussi structurante. Une baisse générale de prélèvements n’a pas le même effet selon les secteurs et les modèles économiques. Les entreprises industrielles, exportatrices ou fortement capitalistiques attendent surtout une visibilité durable sur les impôts de production, le coût du travail, les dispositifs d’investissement et les règles de transmission.
Les ETI, terrain stratégique de la campagne économique
Gabriel Attal avait déjà réuni 150 dirigeants d’ETI à l’Assemblée nationale au printemps. Cette séquence confirme une stratégie de dialogue direct avec des entreprises qui occupent une position charnière dans l’économie française : plus structurées que les PME, mais généralement moins armées que les grands groupes face à l’inflation réglementaire et aux chocs de marché.
Le conseil de chefs d’entreprise peut ainsi servir de laboratoire de priorités. La diversité de ses membres permet de confronter les enjeux de réindustrialisation, de commerce, de technologie, de financement et de transition environnementale. Elle ne garantit pas, à elle seule, l’adoption de mesures adaptées à l’ensemble du Mittelstand français.
Le principal test sera donc la traduction de ces échanges dans un programme chiffré. Les dirigeants attendront des arbitrages sur le financement de baisses d’impôts, les contreparties réglementaires et la stabilité des règles. Dans une campagne présidentielle, la proximité avec les entrepreneurs peut créer une dynamique. Pour les ETI, seule la cohérence entre promesses fiscales, simplification réelle et politique industrielle constituera un résultat tangible.

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