Crédit Agricole 15,58 € +3,73 % Air Liquide 186,82 € +2,33 % Airbus 199,00 € +2,94 % Alstom 11,25 € +1,12 % Danone 67,42 € +2,12 % BNP Paribas 92,06 € +5,08 % Carrefour 13,40 € +2,45 % Capgemini 128,50 € +2,64 % AXA 44,61 € +3,62 % Vinci 111,40 € +2,39 % Dassault Systèmes 25,53 € +2,20 % Edenred 24,70 € +3,13 % EssilorLuxottica 186,65 € +1,30 % Bouygues 41,92 € +2,17 % Engie 24,03 € +3,04 % Eurofins Scientific 88,50 € +1,44 % Société Générale 64,40 € +4,63 % Thales 227,50 € -2,36 % Kering 190,26 € +5,56 % Legrand 131,50 € -1,72 % LVMH 412,75 € +2,80 % Michelin 33,45 € +3,15 % ArcelorMittal — L'Oréal 445,05 € +2,85 % Orange 15,07 € +2,48 % Publicis 103,95 € +2,77 % Pernod Ricard 69,54 € +1,88 % Hermès International 1 357,50 € +3,43 % Renault 28,18 € +3,45 % Safran 294,80 € +3,44 % Sanofi 83,23 € +2,78 % Saint-Gobain 72,50 € +3,10 % Stellantis 4,05 € -0,91 % STMicroelectronics 42,44 € -1,54 % Schneider Electric 235,95 € -1,59 % Teleperformance 81,94 € +1,19 % TotalEnergies 83,05 € +0,41 % Unibail-Rodamco 93,60 € +1,52 % Veolia 33,63 € +2,06 % Worldline 11,13 € +3,75 %
Industrie

SPAR Autriche réduit de 70 % son plastique grâce au flowpack, sans ralentir ses lignes de conditionnement de viande fraîche

eti_news ·

Réduire de 70 % le plastique d’un emballage de viande fraîche sans perdre en cadence ni en durée de conservation : c’est le résultat annoncé par SPAR Autriche sur son site TANN de Marchtrenk. Le pilote remplace la barquette rigide et son opercule par un emballage souple de type flowpack pour la viande hachée.

Pour les industriels français de la viande et leurs fournisseurs d’emballages, l’intérêt dépasse le gain matière. L’essai met surtout en évidence les conditions nécessaires pour substituer un format installé de longue date : protection du produit, productivité, stockage et acceptation en rayon doivent progresser ensemble.

Le règlement européen accélère la remise à plat des formats

Le projet intervient dans un calendrier réglementaire devenu très concret. Le règlement européen sur les emballages et déchets d’emballages, dit PPWR, est entré en application générale le 12 août 2026. Il couvre tous les emballages mis sur le marché européen et renforce les exigences de prévention, de composition et de recyclabilité.

Dans ce contexte, la réduction à la source redevient un levier industriel. Elle répond à la fois à la pression réglementaire, à l’exposition aux coûts des polymères et aux contraintes logistiques. Pour une ETI agroalimentaire, l’enjeu ne consiste donc pas seulement à changer de film. Il s’agit de préserver la performance d’une chaîne de conditionnement tout en abaissant sa consommation de ressources.

SPAR dispose d’une base industrielle suffisante pour tester cette évolution à l’échelle d’un flux significatif. Sa marque TANN exploite six sites de production en Autriche et transforme environ 72 000 tonnes de viande autrichienne par an. Le site de Marchtrenk constitue ainsi un terrain d’essai pertinent pour des produits frais à forte rotation.

Une barquette supprimée, 14 tonnes de plastique évitées

Le distributeur utilisait jusqu’ici un système composé d’une barquette et d’un film de fermeture pour ses références de viande hachée fraîche. Avec Sealed Air, il a adopté le MonoPP Flowpack de Cryovac, une solution souple à haute barrière conçue autour du polypropylène. La barquette rigide disparaît du format.

Selon les résultats communiqués par les partenaires, cette évolution réduit de 70 % la masse de plastique par emballage. Le gain représente 14 tonnes de plastique par an sur le périmètre concerné. Les opérations d’entreposage mobilisent aussi 176 palettes de moins chaque année.

Le test ne s’est pas limité au poids d’emballage. À Marchtrenk, la nouvelle solution a maintenu une cadence de 44 unités par minute, sans hausse annoncée des déchets de production ni des taux de rejet. Les essais ont également conservé une durée de conservation équivalente à celle du format antérieur.

Le fournisseur estime une baisse d’environ 70 % des émissions de CO2 associées au dispositif. Cette estimation est liée, selon les données publiées, à l’élimination de la barquette et à la baisse des flux logistiques. Elle ne doit donc pas être assimilée à une analyse complète du cycle de vie de chaque produit vendu.

La démonstration recherchée par les ETI : réduire sans dégrader le process

Pour les ETI de la transformation alimentaire, le principal enseignement est opérationnel. Les barquettes rigides facilitent historiquement la tenue mécanique, la présentation du produit et la gestion des lignes. Les retirer suppose de valider la résistance du film, les propriétés barrières, la soudure, la compatibilité avec les équipements et la lisibilité en rayon.

Le pilote autrichien montre qu’un passage au souple peut éviter un arbitrage immédiat entre sobriété matière et efficacité industrielle. Mais cette conclusion reste liée aux produits testés et au réglage du site de Marchtrenk. Elle ne vaut pas automatiquement pour toutes les viandes, tous les formats ou toutes les cadences.

Le choix d’un mono-matériau vise également à simplifier la fin de vie. Le MonoPP Flowpack est certifié recyclable par l’institut Cyclos-HTP et destiné aux filières de polypropylène lorsqu’elles existent. La recyclabilité technique ne suffit toutefois pas : la collecte, le tri et les débouchés de recyclage restent déterminants selon les pays et les territoires.

En France, les industriels et équipementiers de taille intermédiaire peuvent y voir un cas de référence pour structurer leurs propres essais. La valeur se situe dans la combinaison de quatre indicateurs : grammes de matière évités, maintien de la durée de vie, rendement de ligne et réduction des besoins de stockage. C’est cette approche économique complète qui peut justifier un investissement ou une reconfiguration de ligne.

Un déploiement européen encore à l’étude

SPAR Autriche poursuit l’analyse du pilote avant de statuer sur un déploiement dans d’autres usines TANN et, potentiellement, dans d’autres sites SPAR en Europe. Aucun calendrier ni volume d’extension n’a été annoncé.

Cette prudence est cohérente avec la nature du projet. L’adoption d’un nouvel emballage de frais doit intégrer les achats, l’outil industriel, la qualité, la logistique et l’expérience client. Les partenaires indiquent que deux tiers des consommateurs interrogés ont réagi positivement, notamment à la visibilité du produit et à la facilité d’ouverture.

La trajectoire est néanmoins claire : avec le PPWR désormais applicable, les emballages rigides à usage unique devront démontrer leur pertinence face à des alternatives plus légères et mieux orientées vers les filières de recyclage. Pour le Mittelstand français, le sujet devient un chantier de compétitivité autant qu’un dossier de conformité.

Pour approfondir : calendrier et objectifs du règlement européen PPWR, organisation industrielle de SPAR Autriche et de TANN et résultats détaillés du pilote de Marchtrenk.

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